PRESERVATION LARYNGEE PAR UNE CHIMIOTHERAPIE D’INDUCTION ASSOCIANT

LE CISPLATINE, LE 5-FLUOROURACILE ET LE DOCETAXEL (TPF)

SUIVIE DE RADIOTHERAPIE ASSOCIEE SOIT AU CISPLATINE SOIT AU CETUXIMAB

POUR LES CARCINOMES EPIDERMOIDES PHARYNGO-LARYNGES.

ETUDE DE PHASE II RANDOMISEE.

 

ESSAI TREMPLIN

 

 

PROMOTEUR

GORTEC (Groupe d'Oncologie Radiothérapie Tête et Cou)

 

COORDONNATEUR

Pr Jean Louis LEFEBVRE, investigateur principal

Centre Oscar Lambret

3, rue Combemale

59020 LILLE

tél : 03.20.29.59.54 (55.31)

fax : 03.20.29.59.61

E-mail : jl-lefebvre@o-lambret.fr

 

CO-COORDONNATEURS

                Pr Gilles CALAIS                                                     Dr Frédéric ROLLAND

                CHU de Tours                                                           Centre René Gauducheau

                Hôpital Bretonneau                                                   Boulevard Jacques Monod

                2 Boulevard Tonnellé                                                44805 NANTES

                37044 TOURS                                                          SAINT HERBAIN cedex

                tél : 02.47.47.47.76                                                   tél : 02.40.67.99.76

                fax : 02.47.47.60.12                                                  fax : 02.40.67.97 76

                E-mail : calais@med.univ-tours.fr                             E-mail : f-rolland@nantes.fnclcc.fr

 

 

CONTROLE DE QUALITE

 

Contrôle de qualité « chirurgie »

Pr Jean-Louis LEFEBVRE                                        Dr C FERRON

Centre Oscar Lambret, Lille                                     Hôtel Dieu, CHU, Nantes

Contrôle de qualité « radiothérapie »

Pr Gilles CALAIS                                                       Dr Etienne BARDET

CHU, Tours                                                               Centre René Gauducheau, Nantes  

Contrôle de qualité « chimiothérapie »

Dr Frédéric ROLLAND                                              Pr Xavier PIVOT

Centre René Gauducheau, Nantes                          CHU, Besançon

Contrôle de qualité « imagerie »

Dr F DUBRULLE                                                       Dr P MEINGAN

CHU, Lille                                                                  Centre René Gauducheau, Nantes                                                                             

 

Version n° 1, le 23 février 2005

Avis favorable du CCPPRB de Lille :

 

Ce document est la propriété exclusive du promoteur. Sa teneur ne peut être publiée, ni communiquée à des tiers, même partiellement, sans autorisation écrite du promoteur.

 


SOMMAIRE

LISTE DES ABRÉVIATIONS.. 4

SYNOPSIS DU PROTOCOLE.. 4

1. ..... INTRODUCTION - RATIONNEL DE L'ESSAI 4

1.1.        La préservation laryngée. 4

1.1.1..... Première génération d’essais de préservation laryngée : la chimiothérapie et radiothérapie séquentielles (chimiothérapie d’induction) 4

1.1.2..... Deuxième génération d’essais de préservation laryngée : la radio-chimiothérapie concomitante  4

1.1.3..... Troisième génération d’essais de préservation laryngée : la radio-chimiothérapie concomitante et séquentielle. 4

1.1.4..... Nouvelles données cliniques. 4

1.2         Données expérimentales et cliniques sur le docétaxel 4

1.2.1..... Origine et structure. 4

1.2.2..... Mécanisme d’action. 4

1.2.3..... Activité anti-tumorale. 4

1.2.4. Pharmacocinétique chez l’homme. 4

1.2.5..... Données cliniques. 4

1.2.6..... Profil de tolérance (‎37-‎41) 4

1.3         Données expérimentales et cliniques sur le cetuximab. 4

1.3.1..... Récepteur du facteur de croissance épidermique. 4

1.3.2 Données précliniques et pharmacocinétiques du cetuximab. 4

1.3.3..... Données cliniques du cetuximab. 4

1.3.4..... Profil de tolérance du cetuximab. 4

1.4         Rationnel de l’étude. 4

2. ..... METHODOLOGIE  DE L'ESSAI 4

3. ..... OBJECTIFS DE L'ESSAI 4

3.1.        Objectif principal 4

3.2.        Objectifs secondaires. 4

3.3.        Critères de jugement 4

3.3.1. Principal 4

3.3.2. Secondaires. 4

4. ..... DEFINITION DE LA POPULATION.. 4

4.1.        Critères d'inclusion. 4

4.2.        Critères de non inclusion. 4

5. ..... DEROULEMENT DE L'ESSAI 4

5.1.        Procédures d’inclusion et de randomisation. 4

5.1.1..... Procédure d’inclusion. 4

5.1.2..... Procédure de randomisation. 4

5.2.        Bilan d'inclusion. 4

5.2.1. Bilan clinique. 4

5.2.2. Bilan biologique. 4

5.2.3. Imagerie. 4

5.2.4. Evaluation de la réponse. 4

5.2         Schéma de l'essai 4

6. ..... TRAITEMENTS.. 4

6.1         Caractéristiques des traitements. 4

6.2         Modalités d'administration des traitements. 4

6.2.1 Chimiothérapie d’induction. 4

6.2.2. Radiothérapie. 4

6.2.3 Traitements associés à la radiothérapie. 4

6.3         Modifications des modalités de traitement en fonction de la tolérance. 4

6.3.1. Chimiothérapie d’induction. 4

6.3.2. Cetuximab. 4

6.4         Chirurgie. 4

6.4.1..... Chirurgie après chimiothérapie d’induction. 4

6.4.2 .... Chirurgie après radiothérapie pour tumeur persistante. 47

6.4.3 .... Chirurgie après radiothérapie pour tumeur récidivante. 48

6.5         Conditionnement, étiquetage et stockage des traitements à l’essai 49

6.5.1 Cetuximab. 49

6.5.2..... Docétaxel 50

6.5.3 Autres médicaments. 50

6.7         Traitements concomitants. 50

7. ..... EVALUATION DE L'EFFICACITE ET DE LA TOLERANCE.. 51

7.1         Efficacité. 51

7.1.1. Chimiothérapie d’induction. 51

7.1.2. Radiothérapie. 51

7.2.        Qualité de vie. 51

7.3         Tolérance. 52

8. ..... Evénements intercurrents.. 52

8.1.        Définitions. 52

8.1.1..... Événement grave. 52

8.1.2..... Evénement inattendu. 53

8.1.3..... Critère d'intensité. 53

8.1.4..... Critère d'imputabilité. 53

8.2.        Recueil des données. 53

8.3.        Conduite à tenir en cas d'événements graves. 54

8.4         Précautions particulières concernant cetuximab. 54

9.  .... Arrêt de traitement.. 56

10. ... CALENDRIER DE L'ESSAI 56

11. ... METHODOLOGIE STATISTIQUE.. 56

11.1.      Choix du nombre de patients. 56

11.2.      Description des populations étudiées. 57

11.2.1. Population décrite à l'inclusion. 57

11.2.2. Population d’analyse du critère principal 57

11.2.3. Population d’analyse des critères secondaires. 57

11.3.      Méthodologie statistique. 57

12. ... ASPECTS ADMINISTRATIFS ET REGLEMENTAIRES.. 57

12.1       Considérations éthiques et légales. 57

12.1.1    Déclaration d'Helsinki, loi Huriet 57

12.1.2 Comité de Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale. 57

12.1.3    Déclaration d'intention (JLL à Merck : voir la réglementation européenne) 57

12.1.4  Consentement écrit 57

12.1.5. Responsabilité et compensation en cas de préjudice. 58

12.2.      Monitoring. 58

12.3.      Obligations du promoteur. 58

12.3.1. Avant la mise en place de l’essai 58

12.3.2. En cours d’essai 59

12.3.3. Au terme de l’essai 59

12.4.      Obligations de l’investigateur. 59

12.5.      Procédures d’amendements et d’avenants. 59

12.6.      Contrôle de qualité. 59

12.6.1. Contrôle de qualité en chirurgie. 60

12.6.2. Contrôle de qualité en radiothérapie. 60

12.6.3. Contrôle de qualité en chimiothérapie. 60

12.6.4. Contrôle de qualité en imagerie. 60

12.7.      Arrêt prématuré de l’étude. 60

12.8.      Clauses de publication. 60

13.  .. BIBLIOGRAPHIE.. 61

ANNEXES AU PROTOCOLE.. 66

 

ANNEXE I :       Investigateurs et structures administratives de l’étude.

ANNEXE II :      Lettre d’information aux patients et formulaire de consentement éclairé.

ANNEXE III :     Formulaire de déclaration des événements indésirables.

ANNEXE IV:      Avis du CCPPRB.

ANNEXE V :      Attestation d’assurance.

ANNEXE VI :     Déclaration d’Helsinki.

ANNEXE VII :    Cotation des événements indésirables selon les critères NCI-CTCAE (Version 3.0)

ANNEXE VIII :   Cotation des événements indésirables de la radiothérapie selon les critères EORTC/RTOG.

ANNEXE IX :    Performance status selon la classification de Karnofsky et l’échelle de l’OMS.

ANNEXE X :     Guide de préparation du docétaxel (TAXOTERE®).

ANNEXE XI :    Guide de préparation du cetuximab (ERBITUX®).

ANNEXE XII :   Questionnaire de qualité de vie

 

 


LISTE DES ABRÉVIATIONS

 

AAG

Alpha-1 glycoprotéine

AFSSAPS

Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé

ALAT

Alanine amino-transférase (ou SGPT: serum glutamate pyruvate transaminase)

ASAT

Aspartate amino-transférase (ou SGOT: serum glutamate oxalacetate transaminase)

ASC

Aire sous la courbe

BPC

Bonnes pratiques cliniques

BPF

Bonnes pratiques de fabrication

CBNPC

Cancer bronchique non à petites cellules

CC

Clairance de la créatinine

CCPPRB

Comité de Protection des Personnes se Prêtant à la Recherche Biomédicale

CF

Cisplatine plus 5-fluorouracile

CHU

Centre hospitalier universitaire

CI

Chimiothérapie d’induction

CTCAE

« Common Terminology Criteria for Adverse Events »

CTV

Volume cible anatomo-clinique

DFS

« Disease free survival » (survie sans maladie)

DLT

Dose de la toxicité limitante

DMT

Dose maximale tolérée

ECG

Electrocardiogramme

EGF

« Epidermal growth factor » (facteur de croissance épidermique)

EI

Evénement indésirable

EORTC

« European Organization for Research and Treatment of cancer »

5-FU

5-fluorouracile

G-CSF

« Granulocyte-colony stimulating factor »

GETTEC

Groupe d'Etude des Tumeurs de la Tête Et du Cou

GORTEC

Groupe d'Oncologie Radiothérapie Tête et Cou

Gy

Gray

HACA

Anticorps humains anti-chimériques

HDV

IC

Intervalle de confiance

ICRU

ITT

Intention de traiter

IV

Intraveineux

j

Jour

LNS

Limite normale supérieure

LSC

Laryngectomie supra-cricoïdienne

LT

Laryngectomie totale

MFS

« Metastases free survival » (survie sans métastases)

min

Minute

NCI

« National Cancer Institute »

NFS

Numération formule sanguine

OMS

Organisation Mondiale de la Santé

OS

« Overall survival » (Survie globale)

PAL

Phosphatases alcalines

PLT

Pharyngo-laryngectomie totale

PLTC

Pharyngo-laryngectomie totale et circulaire

PN

Polynucléaires

PNN

Polynucléaire neutrophile

PTV

RC

Réponse complète

RP

Réponse partielle

RT

Radiothérapie

RTOG

Radiation Therapy Oncology Group

TDM

Tomodensitométrie

TPF

Association Taxotere®-cisplatine-5-fluorouracile

VADS

Voies aériennes digestives supérieures

 

 

 


SYNOPSIS DU PROTOCOLE

 

Titre de l’Étude

Préservation laryngée par une chimiothérapie d’induction associant le cisplatine, le 5-fluorouracile et le docétaxel (TPF) suivie de radiothérapie associée soit au cisplatine soit au cetuximab pour les carcinomes épidermoïdes pharyngo-laryngés. Etude de phase II randomisée (essai TREMPLIN).

Promoteur

GORTEC (Groupe d'Oncologie Radiothérapie Tête et Cou).

Investigateur Principal

Pr. Jean Louis LEFEBVRE Centre Oscar Lambret, LILLE, France.

Phase d’étude

Phase II randomisée.

Centre(s) d’étude / pays

12 centres / France.

Objectifs

Principal : Evaluer le taux de préservation de la fonction laryngée à 3 mois après la fin du traitement obtenu par la trithérapie (TPF) suivie d’une radiothérapie externe associée soit au cisplatine (bras A) soit au cetuximab (bras B).

Secondaires :

.        Durée de réponse, préservation laryngée à 18 mois après la fin du traitement.

.        Qualité de vie essentiellement fonctionnelle.

.        Toxicité et interruptions de traitement,

.        Faisabilité et morbidité de la chirurgie de rattrapage si celle-ci est nécessaire.

Critères d’inclusion

·     Carcinome épidermoïde du larynx ou de l’hypopharynx, histologiquement prouvé, localement avancé T2 non accessible à une laryngectomie partielle supra-cricoïdienne ou non, T3 sans infiltration massive de l’endolarynx ou T4 sans lyse cartilagineuse massive, N0 à N3 relevant d’une (pharyngo)-laryngectomie totale ou sub-totale (technique dite de Pearson) à la condition que cette dernière soit réalisable d’emblée.

·     Absence de métastase à distance, confirmée par TDM thoracique, échographie abdominale (ou TDM) en cas d'anomalie de la fonction hépatique, et scintigraphie osseuse en cas de symptômes locaux.

·     Absence de toute chimiothérapie ou radiothérapie antérieure, quelle qu’en soit la raison.

·     Absence de toute intervention chirurgicale pour carcinome épidermoïde des VADS.

·     Absence de toute participation à un essai thérapeutique dans les 30 jours précédant l’inclusion.

·     Absence de tout traitement anticancéreux concomitant.

·     Absence de tout traitement chronique (³ 3 mois) par corticoïde dont la posologie journalière est ³ 20 mg/jour de methylprednisolone ou équivalent.

·     Âge compris entre 18 et 75 ans.

·     Performance Status 0 ou 1 selon les critères de l’Organisation Mondiale pour la Santé.

·     Fonction hématologique : neutrophiles ³ 2 x 106/l, plaquettes : ³ 100 x 106/l, hémoglobine : ³ 10 g/dl (ou 6,2 mmol/l)

·     Fonction hépatique : bilirubine totale normale ; ASAT (SGOT) et ALAT (SGPT) £ 2.5 ´ la limite supérieure normale (LNS) de chaque centre ; phosphatases alcalines £ 5 ´ LNS. Les patients avec des ASAT ou ALAT > 1.5 ´ LNS associés à des phosphatases alcalines > 2.5 ´ LNS ne seront pas éligibles pour l’essai.

·     Fonction rénale : créatinine sérique £ 120 mmol/l (1.4 mg/dl) ; si la créatinine est > 120 mmol/l, la clairance de la créatinine doit être ³ 60 ml/min.

·     Patient ayant donné son consentement écrit avant toute procédure spécifique du protocole.


 

Critères d’exclusion

·     T3 trans-glottique avec infiltration massive de l’hémilarynx ou T4 avec lyse cartilagineuse massive.

·     Autre cancer antérieur ou concomitant, à l'exception d’un cancer in situ du col de l’utérus, d’un carcinome cutané baso-cellulaire. Les patients en rémission complète d’un cancer traité il y a plus de 5 ans peuvent être inclus dans l’étude.

·     Neuropathie périphérique symptomatique de grade ³ 2 selon les critères NCI-CTC.

·     Altération clinique de la fonction auditive.

·     Autres pathologies médicales sérieuses concomitantes (liste non exhaustive) :

 

·     Pathologie cardiaque instable malgré traitement.

·     Infarctus de myocarde dans les 6 mois précédant l’entrée dans l’essai.

·     Antécédents neurologiques ou psychiatriques tels que démence, convulsions.

·     Infection sévère non contrôlée.

·     Ulcère gastro-duodénal actif.

·     Broncho-pneumopathie obstructive ayant nécessité une hospitalisation dans l'année précédant l’inclusion.

·     Présence, à la sélection, de facteurs d’ordre psychologique, familial, social ou  géographique susceptibles de modifier l’observance du patient avec le protocole à l’étude et le suivi, constitue un critère de non-inclusion. Ces facteurs doivent être discutés avec le patient avant inclusion dans l’essai.

·     Femmes enceintes, allaitant ou en âge de procréer sans contraception efficace.

Plan de traitement

Chimiothérapie d’induction

Docétaxel 75 mg/m² administré à J1 de chaque cure, toutes les 3 semaines, par perfusion intraveineuse (IV) d'une heure suivie du cisplatine 75 mg/m² administré à J1 par perfusion d'une heure suivie elle-même du 5-FU, 750 mg/m²/j administré en perfusion continue de J1 à J5.

Les cycles seront répétés toutes les 3 semaines jusqu'à un total de 3 cycles. Le traitement sera interrompu en cas de progression, de toxicité inacceptable, ou en cas de refus du patient. Pour les patients en progression, le traitement chirurgical sera proposé.

Prémédication :

·     Dexaméthasone 8 mg per os, 2 fois par jour pendant 3 jours, à débuter la veille de la perfusion de docétaxel (selon les habitudes locales on pourra remplacer par methylprednisolone 40 mg ou par prednisolone 50 mg).

·     Ciprofloxacine (ou équivalent) 500 mg per os 2 fois par jour pendant 10 jours (de J5 à J15) et ce à chaque cycle.

·     Antiémétique (antagoniste 5 HT3) avant et après l'administration de cisplatine.

·     L'administration de G-CSF n'est pas autorisée à titre préventif au 1er cycle.

·     Le lénograstime, rHu-G-CSF glycosylé, à la dose de 150 µg/m²/j pendant dix jours ou jusqu'à obtention d'un taux de polynucléaire neutrophile > 1500/mm3 sur 2 numérations successives après la date présumée du nadir peut être administré à titre préventif à partir du 2ème cycle et pour les cycles ultérieurs dans les situations suivantes :

ü     patients ayant présenté un premier épisode de neutropénie fébrile ou d'une infection,

ü     absence de récupération hématologique (PNN < 1,5 x 106/l) malgré un report de cure d'une semaine,

ü     patients ayant présenté une neutropénie de grade 4 d'une durée supérieure à 7 jours.

Radiothérapie et traitement associé

Tous les patients en réponse majeure recevront une irradiation externe après chimiothérapie. La radiothérapie sera débutée après un intervalle libre minimum de 3 semaines et au maximum de 7 semaines après le début de la dernière cure de chimiothérapie.

Plan de traitement (suite)

Technique de radiothérapie

L'irradiation sera pratiquée en mode fractionné conventionnel, à la dose totale de 70 Gy en 35 fractions à raison de 2 Gy par séance et 5 séances par semaine. Traitement associé à la radiothérapie

·       Cisplatine (bras A)

Le cisplatine sera administré en perfusion IV d’une heure à la dose de 100 mg/m² aux jours 1, 22 et 43 de la radiothérapie.

·       Cetuximab (bras B)

Le cetuximab (ErbituxÒ) sera administré en perfusion IV de deux heures à la dose de 400 mg/m² au jour 1 puis en perfusion IV d’une heure à la dose de 250 mg/m² aux jours 8, 15, 22, 29, 36 et 43 de la radiothérapie.

Chirurgie

Chirurgie après chimiothérapie d’induction

Les patients n’étant pas en réponse majeure après la chimiothérapie seront traités par chirurgie tumorale (LT ou PLT) avec curage et radiothérapie postopératoire.

Le geste chirurgical tumoral sera celui qui aurait été réalisé initialement. La technique de laryngectomie de Pearson (« near-total laryngectomy ») n’est autorisée que si elle était techniquement réalisable initialement (c’est à dire que la zone utilisée pour réaliser le shunt phonatoire n’était pas envahie par la tumeur ni au contact de celle-ci avant la chimiothérapie d’induction).

La mise en place d’une prothèse phonatoire trachéo-oesophagienne est laissée au libre choix de chaque institution en fonction des habitudes locales.

 

Le curage ganglionnaire est réalisé de façon uni ou bilatérale en fonction de la localisation initiale (bilatéral pour les tumeurs sus-glottiques et pour les autres tumeurs atteignant ou dépassant la ligne médiane).

Chirurgie après radio-chimiothérapie en cas de tumeur persistante

Les patients n’étant pas en réponse complète après la radio-chimiothérapie seront traités par chirurgie tumorale (LT ou PLT) avec curage.

Le geste chirurgical tumoral sera celui qui aurait été réalisé initialement. La technique de laryngectomie de Pearson (« near-total laryngectomy ») n’est autorisée que si elle était techniquement réalisable initialement (c’est à dire que la zone utilisée pour réaliser le shunt phonatoire n’était pas envahie par la tumeur ni au contact de celle-ci avant la chimiothérapie d’induction).

La mise en place d’une prothèse phonatoire trachéo-oesophagienne est laissée au libre choix de chaque institution en fonction des habitudes locales.

L’utilisation de lambeau de couverture est laissée au libre choix de chaque opérateur.

Le curage ganglionnaire est réalisé de façon uni ou bilatérale en fonction de la localisation initiale (bilatéral pour les tumeurs sus-glottiques et pour les autres tumeurs atteignant ou dépassant la ligne médiane).

Chirurgie après radio-chimiothérapie en cas de tumeur récidivante

Les patients présentant une récidive tumorale et/ou ganglionnaire après la radio-chimiothérapie seront traités par chirurgie tumorale et/ou curage, chaque fois que possible.

Le geste chirurgical, l’utilisation de lambeaux et la mise en place d’une prothèse phonatoire trachéo-oesophagienne sont laissés au libre choix de chaque opérateur en fonction des situations cliniques et des possibilités techniques.

Traitement à l’étude

Bras B : Cetuximab (ErbituxÒ) administré en perfusion IV de deux heures à la dose de 400 mg/m² au jour 1 puis en perfusion IV d’une heure à la dose de 250 mg/m² aux jours 8, 15, 22, 29, 36 et 43 de la radiothérapie.

Nombre prévu de patients

156 patients

Plan et design de l’étude

Étude multicentrique, randomisée, de phase II, réalisée en ouvert, dont l'objectif est d’évaluer, en terme de taux de préservation du larynx, deux associations de radiothérapie administrée après une chimiothérapie d’induction associant le cisplatine, le 5-fluorouracile (5-FU) et le docétaxel chez des patients présentant un carcinome épidermoïde du larynx ou de l'hypopharynx.

Tous les patients ayant donné leur consentement par écrit seront entrés dans l’étude puis suivis. Ils recevront tous la chimiothérapie d’induction associant le cisplatine, le 5-FU et le docétaxel. Après cette chimiothérapie d’induction, les patients seront randomisés pour recevoir soit le cisplatine (bras A), soit le cetuximab (bras B) uniquement en cas de réponse majeure. La réponse majeure est définie après chimiothérapie comme une régression de plus de 50 % du volume tumoral initial (évaluée endoscopiquement et scanographiquemement par comparaison avec ces mêmes examens réalisés lors du bilan initial) associée à une re-mobilisation laryngée évaluée en fibroscopie.

Trois mois après la fin de cette chimio-radiothérapie le patient sera évalué (endoscopie et scanner) et opéré en cas de tumeur résiduelle (locale ou ganglionnaire ou loco-ganglionnaire).

Variables d’efficacité

Critère Principal : Taux de préservation de la fonction laryngée. La préservation laryngée est définie 3 mois après la fin de la radiothérapie comme l’absence de résidu tumoral évaluée endoscopiquement et scanographiquement et une fonction laryngée normale (c’est-à-dire sans trachéotomie ni sonde naso-gastrique ou de gastrostomie).

 

Critères Secondaires :
- Durée de réponse : évaluation du « temps de progression » et de la nécessité de mise en place d’une sonde d’alimentation ou d’une canule de trachéotomie.

- Taux de préservation laryngée (telle que définie ci-dessus) à 18 mois.

- Qualité de vie : questionnaires essentiellement fonctionnels complétés par les patients après la chimiothérapie d’induction, 3 mois après la fin du traitement et à la fin de l’étude (18 mois).

- Tolérance.

- Chirurgie de rattrapage : pourcentage d’évolution locales et/ou régionales ayant pu être opérées et analyse des suites opératoires.

Variables de tolérance

Toxicité selon les critères du NCI-CTCAE version 3.0: incidence des événements secondaires, paramètres hématologiques et biochimiques.

Méthodologie statistique

 

Le calcul du nombre de sujets est basé sur un plan de Fleming en une seule étape en prenant comme critère d’évaluation le pourcentage de préservation laryngée à 3 mois qui constitue l’objectif principal de l’étude. Les conditions de calcul ont été fixées comme suit :

P0 = 60% (taux de préservation laryngée en dessous duquel le traitement ne présente pas d’intérêt).

P1 = 80% (taux attendu, à partir duquel le traitement mérite des études complémentaires de type phase III).

a = 5% (risque de première espèce) ; b = 10% (risque de seconde espèce).

1 - b = 90% (puissance statistique).

Le nombre de patients à inclure est de 43 patients/bras, et l’essai sera considéré comme concluant si le nombre de réponses atteint ou dépasse 32 patients. Par ailleurs, on estime que le taux de réponses ³ 50 % après les 3 cures de chimiothérapie d’induction sera de l’ordre de 55 %. Il faudra donc inclure 78 patients pour obtenir 43 patients par groupe de randomisation. Le nombre total maximum de patients à inclure dans l’étude est donc de 156 patients.

Calendrier de l’étude

Date de début d’inclusion : Juin 2005         
Date de fin d’inclusion : Juin 2007
Date de fin de l’essai : Mars 2007 (objectif principal) et juin 2008 (objectif secondaire)

 

1.       INTRODUCTION - RATIONNEL DE L'ESSAI

1.1.      La préservation laryngée

Chez les patients porteurs de tumeurs classées T3 ou T4 du larynx et de l’hypopharynx le traitement habituellement recommandé a longtemps été la (pharyngo)-laryngectomie totale. Cette intervention permet d’obtenir le contrôle loco-régional de la maladie dans plus de 75 % des cas au prix d’une mutilation importante avec la perte de la phonation et la réalisation d’un trachéostome définitif.

 

Depuis près de 15 ans des travaux ont été menés pour essayer d’obtenir une efficacité thérapeutique identique avec un traitement conservateur essayant d’éviter la mutilation laryngée.

 

1.1.1.   Première génération d’essais de préservation laryngée : la chimiothérapie et radiothérapie séquentielles (chimiothérapie d’induction)

Des essais dits de « préservation laryngée » ont été conduits en utilisant la chimiothérapie d’induction comme un moyen permettant de sélectionner les patients chez lesquels un traitement conservateur pouvait être proposé : les patients bons « répondeurs » à la chimiothérapie pouvant être traités par irradiation et les patients non « répondeurs » devant subir la laryngectomie totale.

 

Trois essais randomisés ont été réalisés sur ce sujet (Veterans, EORTC et GETTEC) (1-3). Les essais des Veterans et du GETTEC concernaient les cancers du larynx, l’essai de l’EORTC ceux de l’hypopharynx. Les trois études ont utilisé une chimiothérapie (CF) associant le cisplatine (100 mg/m² à J1) et le 5-FU (en perfusion continue  de 1000 mg/m²/j de J1 à J5) à raison d’un cycle toutes les 3 semaines pour un maximum de 3 cycles.

 

Dans l’essai des Veterans, les patients en réponse partielle après 2 cycles de CF recevaient un troisième cycle puis étaient irradiés et les autres patients étaient opérés. Dans l’essai EORTC, seuls les patients en réponse complète après le deuxième ou le troisième cycle de CF étaient irradiés et les autres opérés. Dans les deux cas les patients en réponse complète à l’issu de la chimiothérapie ont été traités par irradiation et les patients non répondeurs par chirurgie radicale. Dans ces deux études les taux de survie ont été statistiquement non différents dans les deux bras permettant aux auteurs de conclure qu’un traitement conservateur par radiothérapie chez les patients répondeurs à la chimiothérapie était un traitement efficace, ne compromettant pas la survie et que 40 % des patients pouvaient ainsi conserver un larynx fonctionnel.

 

L’étude du GETTEC a retrouvé des résultats défavorables chez les patients ayant reçu la chimiothérapie d’induction, mais elle n’a porté que sur 68 patients et les résultats sont donc plus difficilement interprétables. A la différence de l’étude des Veterans, seules les tumeurs T3 étaient éligibles. Dans l’étude française les deux tiers des patients étaient porteurs d’une tumeur glottique ou trans-glottique et un tiers une tumeur sus-glottique (margelle laryngée exclue) et tous une fixité laryngée. Dans l’étude nord-américaine, les deux tiers des patients étaient porteurs d’une tumeur supra-glottique (margelle laryngée incluse) et un tiers de tumeurs glottiques et à peine plus de la moitié avaient une fixité laryngée.

 

Une méta-analyse a été effectuée à l’Institut Gustave Roussy sur ces 3 études et a rassemblé 602 patients (4). Les taux de survie à 5 ans ont été de 45 % (bras chirurgical) versus 39 % (bras chimiothérapie d’induction), la différence n’est pas statistiquement significative tandis que 58 % des patients en vie avaient un larynx fonctionnel en place (ce qui en fait ne représente que 23 % des patients inclus dans le bras chimiothérapie). La différence de résultats entre l’essai des Veterans et celui du GETTEC semblait liée essentiellement à la sélection des patients avec des résultats apparemment moins favorables pour les tumeurs infiltrantes glottiques et trans-glottiques.

 

Ainsi dans la majorité des équipes, chez les patients porteurs d’une tumeur du larynx ou de l’hypopharynx relevant d’une (pharyngo)-laryngectomie totale et qui n’ont pas de contre-indication médicale à l’administration d’une chimiothérapie, une tentative de préservation laryngée peut être proposée comme une alternative à la laryngectomie totale. Les travaux de recherche dans ce domaine ont donc visé à obtenir le taux de réponses majeures le plus élevé possible en utilisant des protocoles intensifiés notamment par adjonction de taxanes.

 

1.1.2    Deuxième génération d’essais de préservation laryngée : la radio-chimiothérapie concomitante

Une autre voie d’optimisation des résultats de la radiothérapie a été de l’associer à la chimiothérapie non plus de façon séquentielle mais de façon simultanée.

La première publication (4) de la large méta-analyse réalisée à l’Institut Gustave Roussy (MACH-NC) regroupait plus de 10000 dossiers de patients enrôlés dans des études randomisées comparant un traitement conventionnel à ce même traitement associé à une chimiothérapie soit d’induction, soit adjuvante, soit encore concomitante. Globalement la chimiothérapie apportait à 5 ans un bénéfice significatif de survie de 4 %. En fait, il n’y avait aucun bénéfice significatif pour la chimiothérapie d’induction ou adjuvante et seuls les essais de radio-chimiothérapie concomitantes faisaient apparaître un bénéfice significatif de 8 %.

Plusieurs études de radiothérapie-chimiothérapie concomitantes chez des patients non pré-traités ont été ensuite publiées avec des résultats supérieurs à la radiothérapie seule. D’ailleurs la mise à jour récente (5) de la méta-analyse MACH-NC incluant plus de 16000 patients (dont ceux inclus dans des essais plus récents de radio-chimiothérapie concomitantes chez des patients non-prétraités) confirme la supériorité de ce type de traitements combinés quand on les compare à la radiothérapie exclusive (+8 %, et même +11 % pour l’association du cisplatine seul à la radiothérapie). Parmi les 4307 patients inclus dans des essais de radiothérapie et de chimiothérapie concomitantes, 1565 patients étaient porteurs d’une tumeur laryngée ou hypopharyngée. Ces patients inclus dans le bras « concomitant » avaient, en comparaison avec ceux inclus dans le bras « radiothérapie exclusive », une réduction relative du risque à 5 ans de 16 à 22 % ce qui correspondait à un bénéfice absolu de survie à 5 ans de 8 à 10 %.

 

La deuxième vague d’essais randomisés de préservation laryngée a donc naturellement exploré la place de cette stratégie thérapeutique. L’EORTC a conduit une étude comparant la stratégie de chimiothérapie d’induction à celle de la radiothérapie et de chimiothérapie délivrées de façon alternée. Cette étude a été récemment fermée aux inclusions. Le RTOG (Radiation Therapy Oncology Group) aux Etats Unis a publié (6) en 2003 les résultats préliminaires d’une étude à trois bras comparant la chimiothérapie d’induction (le bras expérimental de l’étude des Veterans) à la radio-chimiothérapie concomitantes (cisplatine 100 mg/m² à J1, J22 et J43) et à la radiothérapie exclusive. Cinq cent quarante-sept patients ont été inclus dans cette étude et 518 furent analysés pour cette publication. Plus des deux tiers étaient porteurs d’une tumeur supra-glottique et un peu moins de la moitié avaient une fixité laryngée. Le bras « concomitant » avait présenté une toxicité notablement plus élevée, 77 % des patients ayant présenté au moins une toxicité aiguë de grade 3 ou 4 (47 % une toxicité hématologique et 43 % une mucite de grades 3 ou 4) mais l’incidence des toxicités tardives de grade 3 et 4 était similaire dans les trois groupes (entre 24 et 36 %). La survie n’était pas significativement différente entre les trois bras mais dans le bras « concomitant » le taux de préservation laryngée était significativement supérieur : 88 % (intervalle de confiance (IC) à 95 % : 83 – 93), contre 75 % (IC 95 % : 68 – 81) pour le bras « induction » et 70 % (IC 95 % : 63 – 76) pour le bras « radiothérapie exclusive ». Ce sont des résultats très prometteurs mais qu’il faut rapporter à la sélection des patients probablement plus favorable que ne le serait celle d’une étude européenne.

 

1.1.3        Troisième génération d’essais de préservation laryngée : la radio-chimiothérapie concomitante et séquentielle

D’un point de vue « chirurgical », la chimiothérapie d’induction présente l’avantage de permettre de changer rapidement de stratégie pour opérer le patient en cas de réponse insuffisante puis délivrer une radiothérapie post-opératoire adaptée. La réalisation d’une chirurgie après chimiothérapie d’induction ne pose pas de problème notable si on réalise le geste initialement prévu en tenant compte des limites tumorales initiales.

 

La radio-chimiothérapie concomitante entraîne plus de mucites et impose d’aller au bout du protocole pour décider ou non d’une chirurgie de rattrapage. En revanche elle semble donner dans les analyses préliminaires des taux de préservation plus élevés.

 

Il est concevable d’explorer une attitude qui associerait les avantages de l’une et de l’autre. Une chimiothérapie d’induction pourrait être suivie d’une radio-chimiothérapie concomitantes chez les bons répondeurs ou d’une chirurgie suivie de radiothérapie (éventuellement associée à une chimiothérapie) chez les mauvais répondeurs. Cette association séquentielle d’une chimiothérapie d’induction suivie d’une radio-chimiothérapie concomitante est apparue comme l’étape suivante dans cette recherche clinique de préservation laryngée.

 

Cette nouvelle stratégie associant une chimiothérapie d’induction suivie d’une radio-chimiothérapie concomitante a été explorée notamment aux USA dans des études de phase II/III et parfois rapportée sous le terme de « sequential chemoradiotherapy » (7-12). Différentes modalités ont été évaluées parfois même en y associant une chimiothérapie adjuvante (9,12). La chimiothérapie d‘induction a comporté de 1 à 6 cycles, avec des associations variables de cis- ou carboplatine, de 5-fluorouracile, de paclitaxel ou de docétaxel. Une seule équipe a utilisé une radiothérapie hyperfractionnée (10). Cette radiothérapie a été associée soit au cisplatine, soit au carboplatine, soit au paclitaxel, une seule fois à une association de paclitaxel, de 5-FU et d’hydroxy-urée. Ces études ont conclu en la faisabilité de ces programmes et ont rapporté des survies à 3 ans pouvant atteindre 60-80 %.

 

1.1.4        Nouvelles données cliniques

L’étude du RTOG a conclu que la radio-chimiothérapie concomitante devenait un standard de préservation laryngée et que, si ce traitement n’était pas réalisable, l’autre option en deuxième choix étant la radiothérapie exclusive pour les patients ne pouvant pas tolérer une chimiothérapie.

 

Cette approche aussi intéressante soit-elle ne doit pas exclure des possibilités chirurgicales non mutilantes (laryngectomies partielles supra-cricoïdiennes en particulier), même si leurs indications sont plus rares pour des tumeurs relativement évoluées mais existent pour des cas sélectionnés de T3 (invasion mineure de la loge pré-épiglottique, immobilité de la corde vocale sans fixité de l’aryténoïde) et T4 laryngés (atteint mineure du cartilage thyroïde sur le scanner). Cette chirurgie exclusive permet aux patients d’éviter une trachéotomie permanente et leur procure une voix socialement acceptable et une déglutition sans fausses routes dans la grande majorité des cas.

 

Enfin il faut souligner qu’aucune étude randomisée de préservation laryngée n’a fait apparaître un traitement non-chirurgical qui aboutisse à une survie meilleure que celle obtenue par chirurgie radicale laquelle n’est donc pas à abandonner dans tous les cas. En particulier elle reste dans l’état actuel de nos connaissances le meilleur traitement pour les tumeurs très infiltrantes trans-glottique et en cas d’atteinte manifeste du cartilage. Certaines modalités techniques (technique du shunt de Pearson) ou prothétiques (prothèses phonatoires trachéo-oesophagiennes) permettent d’améliorer la réhabilitation vocale près laryngectomie totale.

 

Par ailleurs des progrès récents sont apparus dans la chimiothérapie d’induction comme cela a été rapporté lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology en mai 2004. Une étude (13) randomisée réalisée par l’EORTC comparait chez 358 patients non prétraités et porteurs de tumeurs non-opérables, une chimiothérapie d’induction comportant dans un bras 4 cycles du protocole « CF » (cisplatine 100 mg/m² à J1 et 5-FU 1000 mg/m² de J1 à J5) et dans l’autre bras 4 cycles du protocole « TPF » (cisplatine 75 mg/m² à J1, taxotère® 75 mg/m² à J1 et 5-FU 750 mg/m² de J1 à J5), suivie dans les deux bras d’une radiothérapie. Le taux de réponse après chimiothérapie était de 54 % pour le protocole CF et de 68 % pour le protocole TPF (p=0.007) et après l’ensemble du traitement chimio-radiothérapique de 59 % et 72 % (p=0.008), dont 20 % et 33 % de réponses complètes (p=0.004) avec un bénéfice de 10 % en survie globale (p=0.016) et sans progression (p=0.006) dans le bras TPF. Globalement, la chimiothérapie TPF a été mieux tolérée que la chimiothérapie CF et l’ensemble du traitement chimiothérapie-radiothérapie également.

 

Cette nouvelle donnée, outre qu’elle ré-ouvre la discussion sur la chimiothérapie d’induction, éclaire d’un jour nouveau le choix de l’association médicamenteuse pour la séquence d’induction d’un programme de radio-chimiothérapie séquentielle pour préservation laryngée. Le protocole le plus communément utilisé est incontestablement l’association dite CF (cisplatine et 5-fluorouracile). Même si cela est relativement théorique, la finalité de la séquence d’induction serait d’avoir un effet systémique (plus important que l’effet loco-régional en dehors de celui de sélectionner les patients) alors que l’adjonction de la chimiothérapie à la radiothérapie ambitionne plutôt d’augmenter l’effet loco-régional. L’intensification de la radio-chimiothérapie semble difficile du fait d’une toxicité muqueuse déjà importante avec le cisplatine seul. L’intensification de la chimiothérapie d’induction est donc la plus logique. L’adjonction de docétaxel semble, dans l’état actuel des connaissances, celle qui en améliore les résultats sans en aggraver la toxicité. A noter que cette chimiothérapie d’induction est actuellement testée versus cisplatine-5-FU dans un essai randomisé portant sur la préservation laryngée du groupe GORTEC dont cette étude sera le relai. Cette association est également évaluée aux USA dans un programme de radio-chimiothérapie séquentielle (le « paradigme trial ») avec une comparaison dans un bras de 3 cycles de TPF suivi d’une radio-chimiothérapie avec soit le docétaxel et un « concomitant boost » soit le cisplatine et dans l’autre bras d’une radio-chimiothérapie avec un « concomitant boost » d’emblée associée au cisplatine.

 

Enfin la publication récente (14), également lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology en mai 2004, des résultats d’une étude randomisée comparant une radiothérapie avec la même radiothérapie associée au cetuximab (ErbituxÒ) a élargi la discussion en introduisant les associations aux thérapeutiques moléculaires ciblées. Dans cette étude, une différence significative a été démontrée au niveau du contrôle loco-régional en faveur de cetuximab (p=0.02) avec une amélioration de la survie globale médiane (54 mois versus 28 mois, p<0.05) (se référer à la section 1.3.5.1).

1.2       Données expérimentales et cliniques sur le docétaxel

1.2.1    Origine et structure

Au début des années 1960, le NCI (« National Cancer Institute ») des Etats-Unis d’Amérique lance un vaste programme de recherche sur les nouveaux agents anticancéreux. Le paclitaxel, extrait de l’écorce de l’if du pacifique (Taxus brevifolia) est découvert par Wani et Taylor (15) et a une importante activité cytotoxique. Le développement de cette nouvelle molécule est néanmoins très lent en raison de problèmes d’approvisionnement et d’extraction, et de la survenue de réactions d’hypersensibilité lors des premiers essais cliniques. Les travaux du Pr Potier (CNRS) en association avec la recherche et développement de Rhône-Poulenc Rorer se sont orientés sur les constituants chimiques de l’if d’Europe à la recherche des principes actifs issus de sources renouvelables. De très nombreuses molécules ont été isolées et étudiées. Un composé actif possédant des caractéristiques intéressantes a été isolé des feuilles de cet if. Il s’agissait de la 10-déacétyl-baccatine III. A partir de cette molécule, plusieurs essais d’hémi-synthèse ont été réalisés. Il a été ainsi possible ainsi d’obtenir le docétaxel (16).

 

 

1.2.2    Mécanisme d’action

Le docétaxel agit sur les microtubules présents dans l’ensemble des cellules eucaryotes. Les fonctions cellulaires des microtubules sont multiples, incluant les mouvements des chromosomes lors de la mitose, le maintien de la morphologie cellulaire, la sécrétion d’hormones, le transport de granules, l’accrochage de récepteurs à la membrane et la mobilité cellulaire.

 

Les microtubules sont constitués par la polymérisation de tubuline, protéine de
100 kDa composée de 2 sous-unités (
a et b). Il existe un équilibre dynamique entre les microtubules et la tubuline libre, et donc entre la polymérisation et la dépolymérisation. Celle-ci est contrôlée par différents facteurs comme les protéines associées aux microtubules (microtubule-associated proteins ou MAPs) et peut être modifiée par certains médicaments.

 

L’activité globale du docétaxel est de favoriser la polymérisation de la tubuline en microtubules et d’inhiber la dépolymérisation de ces microtubules, ce qui aboutit à la formation de microtubules en paquet, stables mais non fonctionnels, et entraîne l’interruption de la mitose et de la réplication cellulaire (17).

 

Le docétaxel est essentiellement actif au cours de la phase S du cycle cellulaire. L’affinité du docétaxel pour le site de fixation aux microtubules est deux fois supérieure à celle du paclitaxel. Il n’existe pas d’interaction entre ce site de fixation et d’autres molécules comme la colchicine, la vinblastine ou les podophyllotoxines.

1.2.3    Activité anti-tumorale

1.2.3.1. Activité in vitro

Le docétaxel a montré une activité inhibitrice et cytoxique sur de nombreuses lignées cellulaires murines et humaines couramment utilisées en recherche pharmacologique cancérologique, notamment sur des lignées épidermoïdes. Les effets cytotoxiques sont plus marqués sur les cellules en phase de réplication. Ces effets sont à la fois dépendants du temps et de la concentration.

 

L’activité cytotoxique in vitro du docétaxel est 1,3 fois supérieure à celle du paclitaxel. Ceci pourrait être expliqué par des taux intracellulaires 3 fois supérieurs et un efflux cellulaire 3 fois plus lent ainsi que par une affinité pour les récepteurs deux fois supérieure avec le docétaxel qu’avec le paclitaxel (16).

1.2.3.2. Activité in vivo

Le docétaxel s’est montré actif sur un large spectre de tumeurs murines transplantées chez la souris. Les études réalisées avec le docétaxel ont montré une relation dose-réponse. Il est important de noter que la cytotoxicité est indépendante du schéma d’administration. La dose maximale tolérée et l’efficacité ne sont pas influencées par le schéma d’administration testé. Le docétaxel a été actif tant par voie intraveineuse que par voie péritonéale, mais pas per os.

 

Le docétaxel est également actif sur des tumeurs humaines greffées chez la souris nude. Des rémissions complètes ont été observées avec des tumeurs du sein évoluées (MX1), un mélanome et différentes lignées de tumeurs présentant une sensibilité variable au cisplatine. Le docétaxel a été plus actif que le cisplatine contre deux xénogreffes de cancer de la tête et du cou (HNX-14C- et HNC 22B) (18 ,19).

 

1.2.3.3. Associations in vitro et in vivo

Le docétaxel a montré un effet radiosensibilisant sur une lignée de cellules leucémiques (HL-60). Cet effet est lié au blocage des cellules en phase G2 et M qui sont plus sensibles aux radiations.

 

Des associations ont été évaluées sur des tumeurs transplantées chez la souris (tumeurs mammaires MA13/C et MA 16/C, pancréas P03, colon C38 et C51, mélanome B16) (19). L’activité des associations s’est révélée supérieure à celle de chaque produit administré seul (effet synergique) pour : docétaxel-vinorelbine, docétaxel-étoposide, docétaxel-5-FU, docétaxel-méthotrexate et docétaxel-cyclophosphamide. Un taux d’efficacité similaire à celui du produit administré seul a été observé dans l’association docétaxel-vinblastine (contre la lignée P388-leucémie) et docétaxel-doxorubicine (MA 12/C). L’activité de l’association docétaxel-vinblastine et l’association docétaxel-doxorubicine contre MA 13/C s’est avérée bonne, mais plus faible que celle du docétaxel seul.

 

1.2.3.4. Résistance

Deux mécanismes de résistance acquise au docétaxel ont été décrits in vitro. L’un est caractérisé par la présence de tubuline modifiée et l’autre par la surproduction de la glycoprotéine-P liée au gène de résistance mdr (16). Une étude in vivo a démontré que la résistance au docétaxel est lente à se développer. Sur des lignées cellulaires du mélanome B16, qui développent une résistance acquise au docétaxel par le gène mdr, celle-ci apparaît seulement après 17 mois d’exposition répétée au docétaxel. La résistance croisée avec le paclitaxel a été évaluée sur une lignée de macrophages de souris résistante au paclitaxel (J774.2/paclitaxel) surexprimant le gène mdr. Sur cette lignée, le docétaxel s’avère 5 fois plus actif que le paclitaxel.

 

1.2.4. Pharmacocinétique chez l’homme

Après administration de 100 mg/m² en perfusion de 1 heure, la pharmacocinétique du docétaxel chez l’homme est linéaire et suit un modèle à trois exponentielles (20). Ceci implique que la clairance soit indépendante de la dose, et que l’aire sous la courbe plasmatique (ASC) soit proportionnelle à la dose.

 

Les protéines plasmatiques impliquées dans la liaison au docétaxel sont : principalement l’a-1 glycoprotéine (AAG) ou orosomucoïde, mais aussi l’albumine et les liproprotéines. La variabilité inter-individuelle de la clairance est modérée (de l’ordre de 50 %) dans l’étude de pharmacocinétique de population.

 

1.2.4.1. Principaux paramètres pharmacocinétiques

Après 100 mg/m² en perfusion de 1 h :

Cmax : 3,7 mg/ml, ASC : 4,6 mg.ml-1.h, tl/2a : 4 min,  tl/2b : 36 min, tl/2g : 11 h, Clairance : 21 l/h/m² et Vdss : 67 l/m². Liaison aux protéines plasmatiques > 95 %. Excrétion urinaire 24 heures (% dose) : 5 %. Excrétion fécale 48 heures (% dose) : 75%.

 

1.2.4.2. Métabolisme

La voie majeure d’élimination du docétaxel est le métabolisme hépatique suivi d’une excrétion biliaire. Le docétaxel subit une série d’oxydations sous l’influence du cytochrome P3A, isozyme de la famille des cytochromes P450, qui aboutit à la formation de 4 métabolites principaux inactifs.

 

1.2.4.3. Facteurs de variabilité

Le rôle de facteurs susceptibles de modifier la pharmacocinétique du docétaxel a été étudié chez 547 patients au cours d’une étude de pharmacocinétique de population.

 

Un dysfonctionnement hépatique modéré réduit de 27 %, en moyenne, la clairance du docétaxel. Un taux  d’AAG > 2,6 g/l par rapport au taux normal diminue en moyenne la clairance de 19%. L’âge > 70 ans et la diminution du taux d’albumine réduisent la clairance, mais de façon non significative en clinique.

 

1.2.4.4. Interactions médicamenteuses

Le métabolisme du docétaxel est inhibé, in vitro (microsomes humains), par l’érythromycine, le kétoconazole, le TAO, la terfénadine, et la nifédipine, et peut être induit par les barbituriques. Actuellement, aucune interaction au niveau de la liaison aux protéines n’a été mise en évidence, in vitro. Il faut noter que la prémédication par la dexaméthasone n’influence pas la clairance du docétaxel in vivo.

 

1.2.5    Données cliniques

1.2.5.1. Etudes de phase I

Les études de phase I ont été faites de façon concomitante en Europe et aux USA. Au total, 6 études ont été réalisées incluant 286 patients. Par la suite, 3 études de confirmation de dose et de schéma d’administration ont été menées (40 patients). Six schémas d’administration différents ont été étudiés avec des doses de 5 à 130 mg/m². A chaque niveau de dose, un nombre suffisant de patients a été inclus afin de permettre de dégager des conclusions sur la tolérance.

 

La neutropénie, toxicité limitante essentielle, n'apparaît pas liée au schéma d’administration mais à la dose. Avec une récupération constante à J21, elle est le plus souvent de brève durée (médiane 7-8 jours) et plus fréquemment asymptomatique (fièvre ou infection chez respectivement 15 et 10 % des patients). L’anémie et la thrombopénie ont été beaucoup plus rarement observées.

 

Les autres toxicités observées durant ces phases I ont été : réactions d’hypersensibilité aiguë (rarement sévères), toxicité cutanée (éruptions diverses et troubles des phanères), toxicité digestive (mucite plus marquée avec certains schémas d’administration, nausées, vomissements, diarrhée), neuropathie périphérique avec paresthésies modérées réversibles, oedèmes périphériques parfois associés à des épanchements (pleurésie, péricardite, ascite). Les autres effets indésirables observés ont été les suivants : alopécie, asthénie, arthralgie ou myalgies et réactions veineuses locales.

                                  

La dose recommandée pour les essais de phase II était de 100 mg/m² en perfusion d’une heure toutes les 3 semaines (16, 21, 22).

 

Le tableau suivant résume les schémas d’administration explorés :

 

Modalité

Dose maximale tolérée (mg/m²)

Toxicité limitante

Autre

IV 1h ou 2h/3 sem.

115

Neutropénie

Toxicité cutanée

IV 24 h/3 sem.

90

Neutropénie

Mucite

IV 1h J1 + J8/3 sem.

55 x 2

Neutropénie

Asthénie

IV 6 h/3 sem.

100

Neutropénie fébrile

Mucite

IV 1 h x 5 J/3 sem.

16 x 5

Neutropénie fébrile

Mucite

 

1.2.5.2. Etudes de phase II

Plus de 1600 patients, tous types de tumeurs confondus ont été inclus dans le programme de phases II, débuté à travers le monde à partir de 1992. Leur immense majorité a été réalisée à la dose de 100 mg/m² IV 1 heure toutes les 3 semaines.

 

En ce qui concerne les cancers des voies aéro-digestives supérieures (23-36), le docétaxel a démontré une importante activité anti-tumorale dans différents essais cliniques de phase I-II et de phase II :

 

·           TaxotèreÒ dans les cancer cervico-faciaux métastatiques ou en rechute :

En première ligne métastatique, deux essais obtiennent un taux de réponse globale similaire de 32 à 42 %, dont 5 et 13 % de réponse complète (RC) sans différence entre les patients métastatiques ou en récidive locorégionale. La durée médiane de réponse est de 5 mois à 6,5 mois.

 

L'association TaxotèreÒ et cisplatine (75 mg/m² et 75 mg/m² respectivement) toutes les 3 semaines a été évaluée dans un essai avec 58 patients et obtient 56,6 % de taux de réponses sur les 30 patients évaluables et 51,5 % en ITT. La toxicité a été acceptable avec une neutropénie grade 3-4 chez 79 % des patients, une asthénie chez 21 % et une neurotoxicité chez 9 % des patients. Un décès précoce a été rapporté.

 

Une autre étude, utilisant la même association chez 24 patients, obtient 33,3 % de réponses en ITT (2 RC et 6 réponses partielles (RP)). La survie médiane était de 10,7 mois. Aucun décès toxique n'a été observé. La neutropénie grade 3-4 a été observée dans 71 % des cas, la neurotoxicité grade 3 dans 4 % et la mucite grade 3 dans 13 % des cas.

 

En association avec le 5-FU (1000 mg/m² en perfusion continue sur 5 jours) toutes les 3 semaines, une équipe française a mené une étude avec 54 patients. La dose de 5-FU a été réduite à 750 mg/m² après l'inclusion des 20 premiers patients en raison de la toxicité. Chez les 44 patients évaluables pour la réponse, un taux de réponses de 34 % a été observé (4 patients en RC et 11 en RP). Les toxicités majeures ont été la neutropénie grade 3-4 (65 %) avec 11 % de neutropénie fébrile et la mucite (30 %).  Quatre décès toxiques ont été observés. 

 

L'association docétaxel (80 mg/m²) et vinorelbine (20 mg/m²) a été évaluée chez 27 patients et a montré un taux de réponses de 44 % (11 % de RC et 33 % de RP). Les toxicités ont été modérées avec neutropénie grade 3 (19 % de patients), mucite grade 3 (2,4 %), fatigue (63 %) et rétention hydrique (18 %).

 

·           TaxotèreÒ dans les cancers cervico-faciaux localement avancés (en induction) :

Plusieurs études de phase I-II et de phase II (en Europe et aux US) ont évalué Taxotère® dans la chimiothérapie d'induction et ont montré d'excellents résultats en terme d'efficacité.

 

L'association TaxotèreÒ (75 mg/m²) et cisplatine (75 mg/m²) toutes les 3 semaines, suivie d'une radiothérapie ± chirurgie a été évaluée chez 40 patients. Le taux de réponses était de 55 % (RC : 11 patients, RP : 9 patients). La neutropénie grade 3-4 était observée dans 35 % des cycles et la neutropénie fébrile dans 7,5 % des cycles.

 

Dans une étude de phase I-II, l'association TaxotèreÒ (escalade de dose de 25 à 60 mg/m²), cisplatine (25 mg/m²), acide folinique (500 mg/m² J1-J5) et 5-FU (700 mg/m² J2-J5) (TPFL5) a été évaluée chez 24 patients. Tous les patients ont reçus 3 cycles de traitement, et 45 cycles ont été administrés à la dose maximale tolérée (DMT). L'hospitalisation pour neutropénie fébrile a été observée chez 40 % des 15 patients traités à la DMT (22 % des cycles). La toxicité limitante a été la neutropénie (22 % des cycles). A la DMT, des nausées grade 3-4 ont été observées dans 11 % des cycles et la mucite grade 3-4 dans 46 % des cycles. Le taux de réponses a été de 100 % (61 % de RC et 39 % de RP).

 

Une chimiothérapie similaire mais sur 4 jours (TPFL4) a été réalisée dans une étude de phase II dans le but de réduire les toxicités observées après le TPFL5. Sur les 30 patients évaluables, les toxicités grade 3-4 suivantes ont été observées : mucite (46 %), nausées (13 %), diarrhée (5 %) et granulopénie (8 %). L'hospitalisation a été observée dans 15 % des cycles. Le taux de réponses (28 patients évaluables) a été de 96 % (64 % de RC et 32 % de RP). L'efficacité a été similaire au TPFL5 mais avec moins de toxicité.

 

Le TPFL4 a été évalué dans une autre étude de phase I avec TaxotèreÒ (escalade de dose de 60 à 90 mg/m²), cisplatine (100 mg/m² J1), acide folinique (500 mg/m² J1-J4) et 5-FU (700 mg/m² J1-J4). La chimiothérapie a été réalisée sous G-CSF et antibiothérapie en préventif (chez 19 patients recevant 50 cycles). La DLT (dose d’apparition de la toxicité limitante) n'a pas été obtenue. Les toxicités de grade 3-4 suivantes ont été observées : mucite (24/35 cycles), neutropénie (22/35 cycles), nausées (8/35 cycles), thrombopénie et anorexie (4/35 cycles). La neutropénie fébrile a été rapporté dans 2 cycles. Sur les 15 patients évaluables pour la réponse, 6 obtiennent une RC, 8  une RP et une progression.

 

Dans une autre étude de phase II, 40 patients sont traités par TaxotèreÒ (75 mg/m² J1), cisplatine (75 ou 100 mg/m² J1) et 5-FU (1000 mg/m² J1-J4) avec une antibiothérapie orale à visée prophylactique. Sur les 30 patients évaluables, la DLT n'a pas été obtenue dans le groupe A (cisplatine 75 mg/m², 13 patients), les 17 patients suivants sont traités par 100 mg/m² de cisplatine (groupe B). La toxicité dans le groupe B a été essentiellement la mucite de grade 3-4 (14 %). Dans le groupe A, le taux de réponses a été de 84 % (RC : 23 %, RP : 61 %). Dans le groupe B, le taux de réponses a été de 100 % (47 % de RC et 53 % de RP).

 

Dans une étude similaire de phase I-II, l'association TaxotèreÒ (75 mg/m² J1), cisplatine (75 mg/m² J1, palier I) ou cisplatine (100 mg/m² J1, palier II) et 5-FU en perfusion continue (750 mg/m² J1-J5) a été évaluée. En raison des complications infectieuses chez les 18 premiers patients, une antibiothérapie prophylactique par ciprofloxacine orale (J5-J15) a été instituée. Les complications infectieuses ont été observées chez 6 des 18 patients avant ciprofloxacine et chez 1 des 10 patients après ciprofloxacine.

 

Les DLT sont résumées dans le tableau suivant :

 

Evénements indésirables

Palier I

Palier II

Neutropénie

63 %

88 %

Infection

18 %

27 %

Stomatite

41 %

63 %

Nausées

58 %

90 %

Vomissements

35 %

90 %

Neurotoxicité

18 %

27 %

Toxicité rénale

6 %

18 %

 

Le taux de réponses a été de 80 %. Le palier de dose I a été recommandé pour une étude de phase III.

 

·           Approches de chimio-radiothérapie concomitante :

L'approche chimio-radiothérapie concomitante est intéressante à évaluer avec le docétaxel. Dans une étude de phase I, 12 patients avec mauvais pronostic ont été traités par TaxotèreÒ en chimiothérapie d'induction en escalade de dose (20 mg/m², 3 patients ; 25 mg/m², 7 patients ; 30 mg/m², 2 patients) et radiothérapie concomitante à la dose de 2 Gy/j avec une dose totale de 66-70 Gy. La DLT a été la mucite de grade 3 (chez les 7 patients du palier II), mais seulement un patient a eu un retard de traitement de 5 jours. La DMT a été de 25 mg/m². Les réponses ont été une RC au niveau du site initial chez 8 patients. Chez 4 des 8 patients avec envahissement ganglionnaire après la chimiothérapie d'induction, 4 obtiennent une RC après chimio-radiothérapie et 5 des 6 patients opérés obtiennent une RC histologique.

 

Le groupe GORTEC a réalisé une étude de phase II avec l'association TaxotèreÒ (20 mg/m²/semaine) en concomitant  avec la radiothérapie (70 Gy avec un fractionnement standard) chez 63 patients atteints de cancer "tête et cou" localement avancé non métastatique de stade III-IV. Avec un suivi médian de 18 mois, le contrôle loco-régional était de 80,6 %, la OS (survie globale) de 67%, la DFS (survie sans maladie) de 52 % et la MFS (survie sans métastases) de 86,4 %. La tolérance était acceptable et se résumait à la mucite et à la toxicité cutanée. Aucun décès toxique n'a été observé.

 

1.2.6    Profil de tolérance (37-41)

Le profil de tolérance de TaxotèreÒ a été revu dans une méta-analyse de 40 études réalisées en Europe et en Amérique du Nord avec 2106 patients (dont 2045 avec un bilan hépatique de base normal et 61 avec un bilan hépatique de base anormal). Parmi ces patients, 991 avaient un cancer du sein.

 

Concernant les 2045 patients avec un bilan hépatique initial normal, l'âge médian était de 56 ans (52 ans pour les patientes avec cancer du sein). Le nombre de cycles médian administrés était de 5 (6 pour le cancer du sein). Le nombre de cycles réalisés avec une dose plus faible que celle programmée était de 2216 (22 % des cycles) et un retard de cycles (plus de 7 jours) était observé chez 5,4 % des patients. La dose a été réduite chez 31,1 % des patients (34,3 % pour le cancer du sein). La dose-intensité relative médiane était de 96 % (94 % pour la population avec cancer du sein). Le décès toxique était observé dans 1,6 % des cas. La progression tumorale était la cause d'arrêt du traitement dans la majorité des cas (50,5 % pour toute la population et 46,1 % pour le cancer du sein). La neutropénie grade 4 a été observée dans 75,4 % de la population (85,9 % pour la population avec cancer du sein). La neutropénie fébrile (critères NCI) a été observée dans 11 % des cas (12,3 % pour la population avec cancer du sein). La thrombopénie grade 4 a été observée dans 0,5 % de toute la population. L’anémie est d’appréciation plus délicate car très souvent présente à l’inclusion et d’étiologie multifactorielle. Ainsi, bien que notée dans 90,4 % des cas, seuls 8,8 % des patients présentent une anémie de grade 3-4.

 

Toxicité hématologique

Le tableau suivant résume la toxicité hématologique :

 

Type

% patient

% cycle

Neutropénie

95,5

89,7

Neutropénie (grade 4)

75,4

52,9

Neutropénie fébrile

11

2,6

Infection

21,6

6,5

Thrombopénie

8

3,1

Anémie

90,4

79,5

 

Le temps médian de survenue du nadir des polynucléaires (PN) est de 8 jours, la durée médiane de la neutropénie de grade 3 ou 4 est de 7 jours. Le temps médian pour récupérer plus de 1500 PN/mm3 est de 7 jours. Une neutropénie de grade 3-4 dépassant 7 jours survient dans 12 % des cycles.

 

Toxicité non hématologique

Le tableau suivant résume la toxicité non hématologique :

 

Type

% global par patient

% de grade 3-4

Allergie

21

4,2

Nausées

38,8

3,9

Vomissements

22,3

2,7

Diarrhée

38,7

4,7

Stomatite

41,7

5,5

Réactions locales

4,4

0,1

Fièvre isolée

31,2

2,1

Myalgie

18,9

1,5

Arthralgie

9,2

0,6

Alopécie

75,8

-

Réactions cutanées

47,6

4,8

Toxicité unguéale

30,6

2,5

Rétention hydrique

47

6,9

Asthénie

61,8

12,8

Neuropathie motrice

13,8

3,6

Neuropathie sensorielle

49,3

4,3 (grade 3)

 

La prémédication réduit significativement les toxicités non hématologiques particulières observées pendant ces études (réactions d’hypersensibilité, toxicité cutanée et rétention hydrique).

 

Toxicités spécifiques du docétaxel

 

- Réactions d’hypersensibilité aiguë :

La majorité de ces réactions d’hypersensibilité surviennent au cours du premier cycle et dans les minutes qui suivent le début de la perfusion du docétaxel. Elles se sont produites chez 22,6 % des patients et pour 14 % des cycles en l’absence de toute prémédication. Elles ont été sévères dans 7,3 % des cas. L’arrêt de la perfusion et un traitement symptomatique ont entraîné leur disparition. Des réactions plus mineures telles que bouffées vasomotrices, dyspnée, lombalgies, éruption prurigineuse ou non, sensation de constriction thoracique, fièvre ou frissons ont été observées. Depuis l’utilisation d’une prémédication  par corticoïdes, ces réactions sont devenues très peu fréquentes (< 2 %).

 

- Toxicité cutanée et unguéale :

Elle prend également des aspects variés et ne se distingue pas toujours des manifestations d’hypersensibilité : rash cutanés, éruptions localisées, desquamation, hypo ou hyperpigmentation des ongles, parfois onycholyse. Sa fréquence est estimée à 54 % dont 6 % de grade 3-4. La même prémédication a également nettement réduit l’incidence de cet effet secondaire.

 

- Syndrome de rétention hydrique :

Le syndrome de rétention hydrique est caractérisé par une prise de poids et des oedèmes, et plus rarement par un épanchement pleural ou péricardique ou une ascite. Des rétentions qualifiées de sévères n’ont été rapportées que dans 6,9 % des cas. Il semble dépendre d’un mécanisme de fuite capillaire dans la mesure où toute origine cardiaque, rénale ou endocrinienne a pu être écartée. Aucun cas de déshydratation aiguë, d’oligurie ou d’hypotension n’a été rapporté. La rétention hydrique s’observe après une dose médiane cumulative de 491 mg/m² (sans prémédication) et de 528 mg/m² (avec prémédication). La rétention hydrique régresse lentement à l’arrêt du traitement par docétaxel.

 

L’adjonction d’une prémédication par corticoïdes, selon différents schémas de dose et durée a significativement réduit le moment de survenue des oedèmes et leur incidence. Après prémédication, le pourcentage de syndrome de rétention hydrique sévère est passé de 22,4 à 5,8 % et le pourcentage de patients sortis d’essai pour cette raison est passé de 34,2 % à 2,9 % (p<0.001) ; les meilleurs résultats ayant été rapportés avec une prémédication de 5 jours. Cependant, le bénéfice d'une prémédication de 5 jours par rapport à celle de 3 jours est contrebalancée par une différence significative en défaveur du 5 jours en raison de l'incidence élevée des infections, de la stomatite sévère et de la diarrhée sévère. 

 

- Hypersécrétion lacrymale :

L'hypersécrétion lacrymale observée chez certains patients recevant docétaxel (en majorité avec le schéma hebdomadaire) semblerait en relation avec la dose cumulative (médiane 300 mg/m²) et disparaît rapidement après le traitement.

Les causes de cette hypersécrétion lacrymale semblent être les conjonctivites chimiques et/ou l'inflammation (avec oedème) de l'épithélium du conduit lacrymal (responsable d'une sténose, réversible,  du conduit lacrymal).

 

Chez les patients présentant une hypersécrétion lacrymale significative, les mesures suivantes sont recommandées :

ü      Aucune réduction de dose prévue.

ü      Instillation fréquente de larmes artificielles.

ü      Prescription de solutions ophtalmiques à base de corticoïdes (ex. acétate de prednisolone) : 2 gouttes dans chaque oeil 2 x /jour pendant 3 jours le jour précédent l'administration de Taxotère® chez les patients sans antécédents de maladie herpétique de l'oeil et/ou en l'absence de contre-indication.


1.3       Données expérimentales et cliniques sur le cetuximab

 

1.3.1    Récepteur du facteur de croissance épidermique

L’EGFR est une glycoprotéine transmembranaire de la famille des récepteurs de facteurs de croissance à tyrosine kinase. Le gène EGFR est exprimé dans de nombreux tissus humains normaux, et l’activation de ce proto-oncogène résulte en une surexpression de l’EGFR dans de nombreuses tumeurs humaines. Le domaine extra-cellulaire de l’EGFR est un site de liaison pour différents ligands comme le TGFa (« Transforming Growth Factor alpha »), le facteur de croissance épidermique (EGF) et d’autres facteurs. Le domaine intracellulaire tyrosine kinase de l’EGFR est activé par la fixation du ligand, entraînant une cascade d’évènements impliqués dans un ensemble de fonctions comme la régulation de la croissance cellulaire, l’inhibition de l’invasion tumorale et l’angiogénèse (42,43). Des études réalisées in vitro sur des lignées cellulaires exprimant fortement l’EGFR et produisant des ligands pour ces récepteurs ont montré que l’EGFR pouvait être activé par une voie autocrine, entraînant ainsi la prolifération de cellules en culture (44). Afin d’inhiber la prolifération de ces cellules riches en EGFR, des antagonistes de l’EGFR ont été développés pour bloquer le site de liaison au ligand. Il a été démontré que les anticorps monoclonaux à l’EGFR inhibaient la prolifération de cellules produisant du TGFa et de l’EGF (45). Un antagoniste dirigé directement contre le site de liaison de l’EGFR offre des perspectives intéressantes dans la thérapie de cancers impliquant des voies de régulation EGFR-dépendantes.

Les principaux types de cancers surexprimant l’EGFR incluent : les cancers colorectaux (72 %), les cancers de la tête et du cou (92 %), le cancer du pancréas (95 %), de l’ovaire (35-70 %), du rein (50-90 %), du poumon non à petites cellules (40-80 %), et les gliomes (40-50 %) (42, 46, 47). Le pronostic pour la plupart de ces cancers est pauvre s’ils ne sont pas diagnostiqués précocement et les thérapies sont limitées pour les tumeurs avancées.

Les effets d’un blocage de l’EGFR sur la progression du cycle cellulaire ont été évalués sur plusieurs types de lignées cellulaires humaines, incluant les cellules d’adénocarcinome colique DiFi, les cellules épithéliales de sein non transformées MCF10A, les cellules de cancer épithélial épidermoïde A431 et les cellules de cancer de la prostate DU145. Ces études suggèrent que le blocage EGFR à l’aide d’anticorps monoclonaux comme le cetuximab entraîne l’arrêt du cycle cellulaire en G1, associé  à une diminution de l’activité de la kinase cycline-dépendante 2 et une augmentation de l’inhibiteur de la kinase cycline-dépendante p27 KIP1 (48, 49). En plus de l’arrêt en phase G1, le blocage EGFR entraîne une mort cellulaire via le phénomène d’apoptose dans les cellules d’adénocarcinome colique DiFi (50).

 

1.3.2 Données précliniques et pharmacocinétiques du cetuximab

Le cetuximab est un anticorps chimérique de la sous-classe des IgG1 dérivé à l’origine d’une lignée cellulaire de myélome murin. Le procédé de chimérisation a permis d’obtenir un anticorps présentant une affinité  pour l’EGFR plus forte que le ligand EGF naturel (51). Le cetuximab bloque la liaison de l’EGF et du TGFa à l’EGFR et inhibe ainsi l’activation du récepteur tyrosine kinase. De plus, il induit l'internalisation de l'EGFR, ce qui pourrait entraîner une régulation négative de l'EGFR (52). Le cetuximab a été créé par chimérisation de l’anticorps monoclonal murin M225 développé à l’Université de Californie, San Diego, USA (53). Il est composé de la région Fv de l’anticorps murin anti-EGFR et des régions constantes IgG1 humaines (chaînes lourdes et kappa).

Dans une étude in vitro dont le but était de comparer l’activité biologique du cetuximab et sa spécificité pour l’EGFR humain à celles de l’anticorps murin M225, les deux anticorps inhibaient la croissance cellulaire de la même façon, soit 30 % par rapport au contrôle (51).

 

           Études in vitro de fixation aux tissus du cetuximab

Des études immunohistochimiques réalisées afin de caractériser la fixation du cetuximab sur les tissus animaux et humains ont montré une réaction positive et spécifique du cetuximab avec les tissus épithéliaux du placenta humain  (42). Une coloration spécifique a également été observée sur l’épithélium normal cutané, du système digestif, du système urogénital et des cryptes amygdaliennes et au niveau des cellules tumorales pulmonaires de type grandes cellules et épidermoïdes. Aucune coloration spécifique n’était notée au niveau des cancers issus d’autres organes, les mélanomes ou les tumeurs lymphoïdes.

Dans une étude inter-espèces, les tissus de placenta humains contrôles étaient positifs pour le cetuximab tandis qu’aucune coloration n’était observée dans les tissus hépatiques de singes adultes Cynomolgus et Rhesus, de babouins, rongeurs ou chiens. Ces études sont détaillées dans la Brochure Investigateurs  (42).

Les données immunohistochimiques provenant de cryosections de vessie, peau et œsophage de singes Cynomolgus ont montré une réactivité de l’anticorps monoclonal cetuximab avec les EGFRs de cette espèce.

 

           Sélection de dose et pharmacocinétique clinique

Le programme initial de développement clinique de cetuximab incluait 14 études dont 13 contenant des données de pharmacocinétique. Parmi les études d’escalade de doses, comme la dose de cetuximab était augmentée de 5 à 500 mg/m², la clairance du cetuximab tendait à diminuer.

A des doses supérieures à 200 mg/m², la clairance du cetuximab semblait se stabiliser et demeurait à environ 0,02 L/h/m² jusqu’à la plus haute dose de 500 mg/m². Les estimations de la demi-vie terminale augmentaient de 14 à 97 heures de la dose de 5 à 300 mg/m², au-delà la demi-vie marquait un plateau. Le volume de distribution du cetuximab à l’état d’équilibre était indépendant de la dose de cetuximab et variait de 1,96 à 2,52 L/m², suggérant que le cetuximab se distribue dans un volume égal ou légèrement supérieur à l’espace vasculaire.  

En se basant sur ces données et en tenant compte de l’incidence plus élevée de la toxicité cutanée à la dose de 500 mg/m², le schéma d’administration choisi pour les études de phase II a été une dose initiale de 400 mg/m² suivie de doses hebdomadaires répétées à 250 mg/m². Ce schéma devait permettre de maintenir une activité pharmacologique et une occupation des sites EGFR.

Après administration en monothérapie chez des patients atteints de tumeurs solides exprimant l’EGFR à une dose initiale de 400 mg/m² suivie de 2 doses hebdomadaires à 250 mg/m² (n=7), la Cmax moyenne du cetuximab à la semaine 3 était de 153 µg/mL (extrêmes : 112 à 225 µg/mL). La demi-vie moyenne d’élimination à la semaine 3 était de 119 heures (extrêmes : 82 à 188 heures). Le volume moyen de distribution à l’état d’équilibre à la semaine 3 était de 3,6 L (extrêmes : 2,2 à 4,5 L). L’administration concomitante d’irinotecan (350 mg/m²) à la semaine 4 ne changeait pas les caractéristiques pharmacocinétiques du cetuximab (54).

 

           Anticorps anti-cetuximab

La présence d’anticorps anti-cetuximab a été recherchée dans le sérum de 614 patients avant et après traitement par le cetuximab (jusqu’au 30 novembre 2002). L’incidence de la réponse immune anti-cetuximab chez ces patients était de 3,7 %. Cette réponse anti-cetuximab, lorsqu’elle survenait, était généralement faible. Les anticorps anti-cetuximab provenant des 2 patients présentant la plus forte réactivité (4670 et 6516 ng/mL) ont été évalués in vitro pour leur effet neutralisant. Les sérums testés n’interféraient pas avec la capacité du cetuximab à inhiber la prolifération d’une lignée cellulaire sensible au cetuximab, suggérant que les anticorps étaient non-neutralisants. Les niveaux de réactivité des sérums provenant des autres patients n’étaient pas suffisants pour réaliser ce type d’analyse. 

Afin de déterminer la spécificité de la réponse anticorps, les sérums de 15 patients présentant une réaction positive ont été évalués par un essai radiométrique double-antigène en utilisant du cetuximab non marqué comme agent compétiteur. Cette analyse a montré que les sérums de 14 patients sur les 15 contenaient des anticorps spécifiques au cetuximab.  

1.3.3    Données cliniques du cetuximab

Les études cliniques du cetuximab ont débuté en 1994.

Cetuximab a été évalué au cours d’études de phase I à III cliniques aux Etats-Unis, en Europe, au Canada, en Asie et en Australie. Il a été administré en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie et/ou une radiothérapie.

Ces études ont démontré une activité antitumorale du cetuximab dans le cancer colorectal métastatique, les cancers de la tête et du cou, le CBNPC ou le cancer pancréatique. 

 

Actuellement, l’Autorisation de Mise sur le Marché a été accordée pour le cetuximab en association avec l’irinotécan dans le traitement des patients présentant un cancer colorectal métastatique exprimant le récepteur du facteur de croissance épidermique après échec d’une chimiothérapie à base d’irinotécan en Suisse en décembre 2003, aux Etats-Unis en février 2004 et en Europe en juin 2004.

 

La dose habituellement recommandée de cetuximab seul ou en association est de 400 mg/m² pour la première perfusion intraveineuse réalisée sur 2 heures puis une dose de maintenance hebdomadaire de 250 mg/m² (perfusion d’une heure).

 

Dans les cancers cervico-faciaux, le cetuximab a été évalué dans de nombreuses études cliniques, soit en association avec la radiothérapie dans les cancers localement avancés, soit chez des patients non prétraités ou réfractaires aux platines dans les cancers récurrents et/ou métastatiques.

 

Toutes les données cliniques concernant le cetuximab sont résumées dans la brochure pour investigateurs (42).

 

1.3.5.1   Cetuximab associé à la radiothérapie dans les cancers cervico-faciaux localement avancés

Dans une étude randomisée de phase III réalisée chez des patients présentant des carcinomes localement avancés de pronostic intermédiaire (56-63 % de sites oropharyngés, 20 % de tumeurs T4), Bonner et al. ont comparé une radiothérapie exclusive à forte dose (70 Gy) (n=213) à l’association radiothérapie plus cetuximab (n=211) administré à raison de 7 injections hebdomadaires aux doses recommandées pendant la durée de la radiothérapie (14).

 

En termes d’efficacité, il existe une différence significative au niveau du contrôle loco-régional en faveur de cetuximab (p=0.02) avec une amélioration de la survie globale médiane (54 mois versus 28 mois, p<0.05). Le bénéfice en contrôle local était de 8 % à 2 ans (p=0.02) et en survie globale de 13 % à 3 ans (p=0.02).

 

En termes de tolérance, un surcroît attendu de toxicités cutanées a été observé avec le cetuximab (34 % de réactions grade 3-4 versus 18 % dans le groupe radiothérapie ; p=0.0003). Le cetuximab n’a pas majoré les réactions de mucite radio-induite.

 

Dans une étude de phase II évaluant l’activité de l’association de cetuximab aux doses recommandées avec le cisplatine 100 mg/m² et la radiothérapie chez 21 patients présentant un carcinome localement avancé, le taux de réponses était de 43 % (55). Cependant, l’étude a été stoppée prématurément pour cause de toxicité avec deux décès sous traitement (une pneumonie et un décès de cause inconnu). Des schémas d’association moins toxiques sont actuellement à l’étude.

 

1.3.5.2   Cetuximab associé à la chimiothérapie dans les cancers cervico-faciaux récurrents et/ou métastatiques après échec aux platines

 

Le cetuximab associé au cisplatine ou au carboplatine a été évalué dans trois études de phase II non randomisées chez des patients ayant progressé pendant ou après une première ligne de chimiothérapie à base de platines (56-58).

 

Les données d’efficacité ont montré des taux de réponses reproductibles compris entre 10 et 12 %.

Les toxicités de grade 3-4 rencontrées étaient surtout :

.             des réactions cutanées (3 %) dans l’étude de Baselga et al. évaluant le cetuximab associé au cisplatine ou au carboplatine (56),

.             des asthénies (18%), hyponatrémies (18 %) et leucopénies (14 %) dans l’étude de Kies et al. évaluant le cetuximab plus le cisplatine (57),

.             des anémies (13 %), thrombopénies (10 %), dyspnées (12 %), asthénies (8 %) et rashs (8 %) dans l’étude de Chan et al. évaluant le cetuximab plus le carboplatine dans les carcinomes nasopharyngés (58).

 

1.3.5.3   Cetuximab associé à la chimiothérapie dans les cancers cervico-faciaux récurrents et/ou métastatiques en première ligne de traitement

 

Dans une étude randomisée de phase III en double aveugle chez des patients incurables par chirurgie ou radiothérapie, Burtness et al. ont comparé l’association cetuximab et cisplatine versus l’association cisplatine et placebo en première ligne de traitement (59). Le cetuximab était administré aux doses recommandées et le cisplatine était administré à la dose de 100 mg/m² toutes les 4 semaines.

 

Le taux de réponse était de 23 % dans le bras cetuximab plus cisplatine (n=57) versus 9 % dans le bras cisplatine plus placebo (n=58) avec une différence statistiquement significative entre les deux bras (p=0.0508). Cependant aucune différence significative n’a été observée entre les deux bras pour la survie sans progression (4.1 versus 3.4 mois dans le bras cetuximab et placebo respectivement) ou la survie globale (9.0 versus 8.0 mois dans le bras cetuximab et placebo respectivement).

 

Une phase I/II évaluant le cetuximab en association avec le cis (n=27) ou carboplatine (n=26) et le 5-fluorouracile (escalade de doses) en première ligne de traitement dans les cancers cervico-faciaux récurrents et/ou métastatiques a montré un profil de toxicité acceptable à la plus forte dose testée de 5-FU et un taux de réponses de 36 % chez la totalité des patients (60, 61). Le temps médian de progression était de 5 mois et le temps médian de survie de 9,8 mois.

Les principales toxicités de grade 3-4 observées étaient des leucopénies, nausées/vomissements et asthénies.

 

 

 

1.3.5.4   Cetuximab en monothérapie dans les cancers cervico-faciaux récurrents et/ou métastatiques après échec aux platines

Dans une étude de phase II, Trigo et al. ont évalué le cetuximab en monothérapie chez 103 patients réfractaires aux platines (62). Le taux de réponses objectives était de 12 % avec 33 % de stabilisations de plus de 6 semaines. Le temps médian de progression était de 2,3 mois et le temps médian de survie de 5,9 mois.

La tolérance au traitement était bonne avec des réactions cutanées modérées le plus souvent.

 

1.3.4    Profil de tolérance du cetuximab

A la date du 30 Novembre 2003, des données de tolérance provenant de 33 études cliniques sont disponibles chez 2127 patients traités par cetuximab (42).

Des événements indésirables ont été rapportés chez 90,3 % des patients. Au total, 1378 patients (64,8%) ont présenté au moins un événement indésirable de grade 3 ou 4. Les événements indésirables reliés au cetuximab ont été observés chez 1817 patients (85,4 %). Les événements indésirables les plus fréquemment reliés au cetuximab étaient les éruptions acnéiformes.

Les données de tolérance sont résumées dans la brochure investigateurs sous forme de tableaux pour toutes les études de phase I, classés par indication pour les études de phase II et par étude pour chaque étude de phase III (42).

L’incidence des principaux événements indésirables, notifiés comme reliés au traitement par cetuximab, est résumée dans le tableau ci-dessous :

 

 

Nombre de patients (N=2127)

N

%

Eruption acnéiformea

1621

76.2

Fatigue / malaise / léthargie

640

30.1

Nausée / vomissement

510

24.0

Mucite / stomatite

372

17.5

Diarrhée

321

15.1

Altération unguéale

229

10.8

Réaction allergique / hypersensibilitéb

112

5.3

a  inclut  les termes COSTART acné, éruption, éruption maculopapulaire, éruption pustulaire, peau sèche, ou dermatite exfoliante.

b  inclut les termes COSTART réaction allergique ou réaction anaphylactique.

Données provenant de 2127 patients dans 33 essais avec cetuximab en monothérapie ou associé à la chimiothérapie ou radiothérapie.  

 

Les réactions cutanées sont les événements indésirables les plus fréquemment associés au cetuximab. Elles se présentent le plus souvent sous forme d’éruptions acnéiformes et/ou moins fréquemment sous forme d’anomalies unguéales (paronychies).

 

L’éruption acnéiforme survient habituellement dans les 3 premières semaines de traitement au niveau du visage, du thorax et du dos et peut s’étendre parfois aux extrémités. Elle se manifeste par la multiple apparition de lésions pustuleuses ou folliculaires caractérisées histologiquement comme une périfolliculite lymphocytaire ou une folliculite superficielle suppurative. En général, cette éruption est réversible spontanément à l’arrêt du traitement. Chez les patients traités par cetuximab à des posologies inférieures à 100 mg/m², cette toxicité cutanée s’est avérée moins fréquente et moins sévère (grades 1 et 2).

 

En se basant sur l’expérience clinique, il existe actuellement des recommandations quant à la prise en charge thérapeutique habituellement symptomatique (se référer à la section 6.3.2).  

 

L’étiologie de ces éruptions acnéiformes pourrait être le résultat de l’interaction du cetuximab avec l’EGFR dans l’homéostasie de l’épiderme, des follicules pileux et des glandes sébacées ainsi que la régulation de l’inflammation cutanée. Des études cliniques ont montré que la survenue des réactions cutanées acnéiformes était corrélée à une meilleure efficacité (taux de réponse, temps de progression et survie).  

 

Les altérations unguéales constituent un autre événement indésirable spécifique relié au cetuximab d’incidence plus faible ; elles se caractérisent par des douleurs, une fragilité et une fissuration à différents degrés au niveau du lit de l’ongle. Les patients présentent une inflammation périunguéale (paronychies) associée à un gonflement des replis latéraux des ongles des orteils et des doigts. Les doigts les plus fréquemment atteints sont les gros orteils et les pouces. D’après les observations des investigateurs, les altérations des ongles peuvent persister jusqu’à 3 mois après l’arrêt du traitement. Un avis de dermatologue doit être envisagé.  

 

Réactions allergiques / hypersensibilité: les réactions d’hypersensibilité de grade 3 ou 4 (incluant réactions allergiques et anaphylactiques) ont été observées chez 2,5 % des patients traités par cetuximab. Elles se caractérisent par la survenue rapide d’une obstruction des voies respiratoires (bronchospasme, stridor, enrouement), d’urticaire avec ou sans hypotension. La plupart de ces réactions allergiques / hypersensibilité (80 %) ont été observées lors de la première perfusion de cetuximab, pendant la perfusion ou dans l’heure qui suivait la fin de la perfusion.

 

Avant la première administration de cetuximab, il est indispensable d’administrer une prémédication par un antihistaminique. Cette prémédication est également recommandée avant toutes les perfusions ultérieures puisque environ 15 % des premières réactions allergiques / hypersensibilité sévère ont été observées au-delà de la première perfusion.

Parmi toutes les études cliniques réalisées à ce jour, tous les patients présentant des réactions allergiques sévères ont pu être traités par un traitement standard, et tous les patients sauf un ont récupéré sans séquelles et ont fait l’objet de sorties d’études. Un patient est décédé d’angioedème survenu après la fin de la perfusion de cetuximab, notifié comme la suite d’une réaction de grade 4.

 

La survenue de réactions de type allergie ou hypersensibilité ne parait pas être corrélée au fait que le cetuximab soit administré seul ou en association, à l’état de la maladie sous-jacente ou à une exposition préalable à des anticorps monoclonaux d’origine murine. 

1.4     Rationnel de l’étude

La nouvelle stratégie associant une chimiothérapie d’induction suivie d’une radio-chimiothérapie concomitante visant à améliorer le contrôle locorégional dans le cadre de programmes de préservation laryngée s’est avérée faisable et efficace au cours d’études de phase II et III. Ces études ont rapporté des survies à 3 ans pouvant atteindre 60-80 %.

 

Par ailleurs des progrès récents sont apparus dans la chimiothérapie d’induction et l’étude de l’EORTC (12) a montré la supériorité en terme d’efficacité (taux de réponse, survie sans progression et survie globale) du protocole cisplatine (75 mg/m², J1), docétaxel (75 mg/m², J1) et 5-FU (750 mg/m², J1-5) par rapport au protocole le plus communément utilisé associant le cisplatine (100 mg/m², J1) au 5-FU (1000 mg/m², J1-5) et en terme de tolérance.

 

L’étude de phase III randomisée de Bonner et al. (14) a également apporté de nouveaux éléments concernant les approches non chirurgicales. L’association radiothérapie et cetuximab s’est avérée plus efficace en terme de survie globale par rapport à la radiothérapie seule à forte dose dans le traitement de patients présentant des carcinomes cervico-faciaux localement avancés.

 

Dans ce contexte, l’évaluation d’une association d’une chimiothérapie d’induction type TPF suivie chez les bons répondeurs d’une association de radiothérapie associée soit au cisplatine soit à au cetuximab devient une étape logique dans cette recherche clinique.

 

2.       METHODOLOGIE  DE L'ESSAI

Il s'agit d'un essai multicentrique, randomisé, de phase II, réalisé en ouvert, dont l'objectif est d’évaluer, en terme de taux de préservation laryngée, deux associations de radiothérapie et chimiothérapie (cisplatine versus cetuximab) délivrée après une chimiothérapie d’induction (docétaxel plus cisplatine plus 5-fluorouracile) chez des patients présentant un carcinome épidermoïde du larynx ou de l'hypopharynx.

 

Les patients seront randomisés pour recevoir :

ü      soit une radiothérapie conventionnelle associée au cisplatine (bras A),

ü      soit une radiothérapie conventionnelle associée au cetuximab (bras B),

 

La réponse majeure est définie 3 semaines après la chimiothérapie d’induction comme la régression de plus de 50 % du volume tumoral évaluée endoscopiquement et scanographiquement (par comparaison avec la description endoscopique et scanographique initiale) associée à une re-mobilisation laryngée évaluée en fibroscopie. 

 

La liste des investigateurs et les structures administratives de l’étude sont détaillés en Annexe I.

3.       OBJECTIFS DE L'ESSAI

3.1.      Objectif principal

L’objectif principal est d’évaluer le taux de préservation de la fonction laryngée à 3 mois obtenu par cette association d’une chimiothérapie d’induction et d’une association de radiothérapie avec une chimiothérapie cytotoxique ou avec une thérapeutique ciblée (anticorps monoclonal inhibant les récepteurs du facteur de croissance épidermique).

 

La préservation laryngée est définie 3 mois après la fin de la radiothérapie comme l’absence de résidu tumoral évaluée endoscopiquement et scanographiquement et une fonction laryngée normale (c’est-à-dire sans trachéotomie, ni sonde naso-gastrique ou de gastrostomie).

 

3.2.      Objectifs secondaires

Þ   Evaluer la durée de réponse (une nouvelle évaluation de la préservation laryngée selon les modalités précisées ci-dessus sera systématiquement effectuée 18 mois après la fin de la radiothérapie chez les patients en réponse complète carcinologique et fonctionnelle à trois mois et n’ayant pas récidivé ou nécessité une sonde d’alimentation ou une trachéotomie entre temps). La préservation laryngée telle que définie ci-dessus, à 18 mois, est donc un objectif secondaire.

 

Þ   Evaluer la qualité de vie (essentiellement qualité de la fonction pharyngo-laryngée : phonation, déglutition et respiration) pendant et après le traitement.

 

Þ   Evaluer la toxicité des traitements et les interruptions de traitement.

 

Þ   Evaluer la faisabilité et la morbidité de la chirurgie de rattrapage si celle-ci est nécessaire (séquelles tissulaires).

3.3.      Critères de jugement

3.3.1. Principal

Efficacité : taux de préservation de la fonction laryngée. La préservation laryngée est définie 3 mois après la fin de la radiothérapie comme l’absence de résidu tumoral évaluée endoscopiquement et scanographiquement et une fonction laryngée normale (c’est-à-dire sans trachéotomie ni sonde naso-gastrique ou de gastrostomie).

 

Toutefois une trachéotomie provisoire ou la mise en place (de principe ou de nécessité) d’une sonde naso-gastrique ou d’une gastrostomie pour la durée du traitement n’est pas considérée comme un échec si elle(s) est (sont) retirées à la date d’évaluation (c’est-à-dire 3 mois après la fin du traitement.

3.3.2. Secondaires

Durée de réponse : évaluation du « temps de progression » et de la nécessité de mise en place d’une sonde d’alimentation ou d’une canule de trachéotomie.

Evaluation du taux de préservation laryngée à 18 mois après la fin de la radiothérapie.

Qualité de vie : questionnaire essentiellement fonctionnel (Annexe XII)

Tolérance : toxicité selon les critères du NCI-CTCAE («National Cancer Institute- Common Terminology Criteria for Adverse Events ») : incidence des événements intercurrents (Annexe VII).

Chirurgie de rattrapage : pourcentage d’évolution locales et/ou régionales ayant pu être opérées et analyse des suites opératoires. Les éventuelles nouvelles localisations cancéreuses au  niveau des voies aéro-digestives supérieures seront analysées de la même façon (incidence et possibilités thérapeutiques en fonction des séquelles tissulaires).

 

4.       DEFINITION DE LA POPULATION

4.1.            Critères d'inclusion

Les patients présentant les critères suivants peuvent être inclus dans cette étude :

ü      neutrophiles ³ 2 x 106/l

ü      plaquettes : ³ 100 x 106/l

ü      hémoglobine : ³ 10g/dl (ou 6,2 mmol/l)

·         Fonction hépatique

ü      bilirubine totale normale

ü      ASAT (SGOT) et ALAT (SGPT) £ 2.5 ´ la limite supérieure normale (LNS) de chaque centre

ü      phosphatases alcalines £ 5 ´ LNS.

ü      les patients avec des ASAT ou ALAT > 1.5 ´ LNS associés à des phosphatases alcalines > 2.5 ´ LNS ne seront pas éligibles pour l’essai.

·         Fonction rénale

ü      créatinine sérique £ 120 mmol/L (1.4 mg/dl) ; si la créatinine est > 120 mmol/l, la clairance de la créatinine doit être ³ 60ml/min

4.2.            Critères de non inclusion

Les patients présentant les critères suivants ne peuvent pas être inclus dans cette étude :

.          pathologie cardiaque instable malgré traitement

.          infarctus de myocarde dans les 6 mois précédant l’entrée dans l’essai

.          antécédents neurologiques ou psychiatriques tels que démence, convulsions

.          infection sévère non contrôlée

.          ulcère gastro­-duodénal actif

.          broncho-pneumopathie obstructive ayant nécessité une hospitalisation dans l'année précédant l’inclusion.

5.       DEROULEMENT DE L'ESSAI

Il s'agit d'un essai de phase II randomisé qui évalue le taux de préservation laryngée 3 mois après la fin d’une séquence de chimiothérapie d’induction suivie d’une association de radiothérapie avec soit une chimiothérapie cytotoxique (cisplatine, bras A) soit un anticorps monoclonal inhibant les récepteurs de l’EGF (cetuximab, bras B).

5.1.    Procédures d’inclusion et de randomisation

Tous les patients éligibles doivent être enregistrés pour être ensuite randomisés. Tout patient non enregistré avant la première administration du traitement ne sera pas accepté dans l’essai a posteriori.

 

5.1.1    Procédure d’inclusion

Le formulaire d’inclusion et la copie du consentement éclairé signé devront être faxé au : 02.47.47.60.12

 

5.1.2    Procédure de randomisation

La randomisation se fait 3 semaines après la fin de la chimiothérapie d’induction uniquement pour les patients présentant une réponse majeure  et pourra se faire par téléphone ou par fax :

tél : 02 47 47 40 97               

 

Le formulaire de randomisation devra être faxé au : 02.47.47.60.12

 

La réponse avec attribution du bras et numéro de randomisation sera effectuée immédiatement ou dans un maximum de 24 h en fonction du moyen de communication.

5.2.    Bilan d'inclusion

Il permet de vérifier la satisfaction des critères d'inclusion dans l'essai.

                       

5.2.1. Bilan clinique

Il doit être réalisé dans les 3 semaines* qui précèdent la première perfusion de chimiothérapie et doit comporter :

 

*dans les 7 jours avant la randomisation et la première perfusion de chimiothérapie il doit être vérifié cliniquement et il faut informer le patient et obtenir son consentement écrit et signé.

 

5.2.2. Bilan biologique

Il devra être réalisé au plus tard 7 jours avant la première perfusion de chimiothérapie et doit comporter :

 

5.2.3. Imagerie

Elle devra être réalisée dans les 3 semaines qui précèdent la première perfusion de chimiothérapie (TPF):

 

5.2.4. Evaluation de la réponse 

L’évaluation de la réponse sera faite 3 semaines après la dernière cure de chimiothérapie par l’examen physique (laryngoscopie indirecte et endoscopie) et par imagerie (scanner cervico-thoracique).

 

La réponse sera évaluée globalement sur l’ensemble des sites de la maladie (T et N) et sera évaluée séparément sur chacun des sites (réponse tumorale et réponse ganglionnaire).

 

La disparition macroscopique clinique et radiologique de toute tumeur avec re-mobilisation laryngée sera considérée comme une réponse complète. Des biopsies au site initial peuvent être effectuées mais ne sont pas nécessaires à l’affirmation de la réponse complète.

 

La réponse majeure est définie après chimiothérapie comme la régression de plus de 50 % du volume tumoral évalué cliniquement (laryngoscopie indirecte et endoscopie) et scanographiquement,  associée à une re-mobilisation complète des structures laryngées évaluée en laryngoscopie indirecte.

 

Les patients en progression pendant le cycle 1 ou le cycle 2 seront traités selon les habitudes de chaque centre participant, sortiront de l’étude mais continueront d’être suivis.

 

Les patients sans réponse majeure après le troisième cycle seront traités par chirurgie selon les modalités initialement prévues, sortiront de l’étude mais continueront d’être suivis.

 

Les patients avec une réponse majeure ou complète après le troisième cycle restent dans l’étude et sont randomisés pour recevoir la radiothérapie associée soit au cisplatine, soit à l’ErbituxÒ.

 

Le Tableau 1 résume les différentes investigations réalisées au cours de l’étude.

Tableau 1 : Schéma des investigations au cours de l’étude

PARAMETRES

 

Sélection

 

Chimiothérapie

d’induction (CI)

Evaluation

de la CI

Délai avant 1ère. perf.

 

Par sem.

Toutes les 3 sem.

3 sem. après

la 3èmecure (4)

Consentement écrit

Obligatoire

X

 

 

 

Histoire de la maladie

21 jours

X

 

 

 

Examen Clinique

7 jours

X

 

X

X

ECG (1)

21 jours

X

Conforme aux indications

Symptômes locaux

7 jours

X

 

X (C2)

X

Événements indésirables

 

 

 

X

X

Hématologie

7 jours

X

X (3)

 

X

Biochimie

7 jours

X

 

X

X

Evaluation tumorale

- Examen physique

- Pan-endoscopie avec biopsies

- TDM cervico-thoracique

- Echographie hépatique
  ou scanner abdominal (2)

- Scintigraphie osseuse (2)

 

7 jours

21 jours

21 jours


21 jours

21 jours

 

X

X

X


X

X

 

 

 

 

 

 

 

 

X

 

 

 

 

 

X

X

X

Qualité de vie

 

 

 

 

X

(1)    ou échographie ou scintigraphie cardiaque en cas d’antécédents cardiaques

(2)    en cas de signe d’appel clinique

(3)    tous les 2 jours si neutropénie grade 4

(4)    ou 2 à 4 semaines après la dernière cure de chimiothérapie en cas de progression pendant le cycle 1 ou le cycle 2 ou de mauvaise tolérance

 

5.2              Schéma de l'essai

 

Sélection des patients

Tumeurs avancées ou modérément avancées du pharyngo-larynx non pré-traitées et opérables

ß

chirurgie supra-cricoïdienne possible : non éligible, chirurgie d’emblée (LSC)

tumeur T3 infiltrante trans-glottique : non éligible, chirurgie d’emblée (LT)

tumeur T4 par destruction massive du cartilage : non éligible, chirurgie d’emblée (LT ou PLT)

tumeur envahissant la paroi pharyngée postérieure ou la bouche de l’œsophage : non éligible, chirurgie d’emblée (PLT élargie ou PLTC + reconstruction)

ß

autres cas : patient éligible

ß

bilan complet satisfaisant et consentement éclairé signé : patient incluable

ß

enregistrement dans l’étude

ß

mise en route dans les 7 jours de la chimiothérapie d’induction, 3 cycles

ß

3 semaines après la fin de la chimiothérapie d’induction : endoscopie + scanner cervico-thoracique

évaluation comparative

ß

ou

ß

randomisation

ß

ou

ß

3 mois après la fin de la radiothérapie

ß

évaluation objectif principal

endoscopie + scanner cervico-thoracique

ß

ou

ß

surveillance

nouveau bilan : endoscopie + scanner cervico-thoracique à 18 mois

(objectif secondaire)

 

6.       TRAITEMENTS

6.1     Caractéristiques des traitements

Le docétaxel pour le traitement d’induction sera fourni par Sanofi-Aventis. Le cisplatine et le 5-fluorouracile pour le traitement d’induction seront prescrits par chaque centre et seront utilisés sous leur forme commerciale.

 

Cetuximab (ERBITUX®) sera fourni par Merck KGaA (Darmstadt, Allemagne).

Forme et Présentation : Solution pour perfusion à 2 mg/ml (incolore, pouvant contenir des particules visibles blanchâtres et amorphes associées au produit) : flacon de 50 ml.

Un flacon de solution pour perfusion à 50 ml contient :

.          Principe actif : cetuximab 100 mg (anticorps monoclonal chimérique IgG1 produit à partir d’une lignée cellulaire de mammifère (Sp2/0) par la technologie de l’ADN recombinant.

.          Excipients : phosphate monosodique, phosphate disodique, chlorure de sodium, eau ppi.

 

Le cisplatine pour le traitement associé à la radiothérapie sera prescrit par chaque centre et sera utilisé sous sa forme commerciale.

6.2     Modalités d'administration des traitements

6.2.1 Chimiothérapie d’induction

Modalités d’administration :

Docétaxel 75 mg/m² sera administré à J1 de chaque cure, toutes les 3 semaines, par perfusion IV d'une heure suivie du cisplatine 75 mg/m² administré à J1 par perfusion d'une heure suivie elle-même du 5-FU, 750 mg/m²/j administré en perfusion continue de J1 à J5.

 

Les cycles seront répétés toutes les 3 semaines jusqu'à un total de 3 cycles. Le traitement sera interrompu en cas de progression, de toxicité inacceptable, ou en cas de refus du patient. Pour les patients en progression, le traitement chirurgical sera proposé.

 

Prémédication :

ü      patients ayant présenté un premier épisode de neutropénie fébrile ou d'une infection,

ü      absence de récupération hématologique (PNN < 1,5. 106/l) malgré un report de cure d'une semaine.

ü      patients ayant présenté une neutropénie de grade 4 d'une durée supérieure à 7 jours.

 

Durée du traitement par chimiothérapie :

Les cycles seront répétés toutes les 3 semaines jusqu'à un total de 3 cycles. Le traitement sera interrompu en cas de progression, de toxicité inacceptable, ou en cas de refus du patient. Pour les patients en progression, la chirurgie sera proposée.

 

6.2.2. Radiothérapie

Tous les patients en réponse complète ou majeure recevront une irradiation externe après chimiothérapie d’induction.

 

NB : En cas de dissociation entre la réponse ganglionnaire et la réponse tumorale locale (réponse tumorale complète ou majeure mais réponse ganglionnaire insuffisante) et en l’absence de continuité initiale entre la tumeur et les ganglions, il est possible de proposer une préservation laryngée par radiothérapie. Il est laissé à l’appréciation de chaque institution de réaliser un curage ganglionnaire avant cette radiothérapie si la réalisation de celui-ci ne compromet pas la mise en route de la radiothérapie dans les délais impartis.

 

La radiothérapie sera débutée après un intervalle libre minimum de 3 semaines et au maximum de 7 semaines après le début de la dernière cure de chimiothérapie et sera pratiquée en mode fractionné conventionnel. La radiothérapie ne sera débutée que si les critères suivants sont satisfaits :

6.2.2.1. Remise en état dentaire

Tous les patients recevant le traitement par radiothérapie doivent avoir un examen oral et bucco-dentaire incluant un examen clinique et radiologique. Les règles habituelles consistent en :

 

Quand les extractions sont nécessaires, elles doivent être réalisées selon les règles habituelles de pratiques de ces avulsions avant la radiothérapie et doivent être aussi peu traumatisantes que possible. La régularisation de la crête alvéolaire et la fermeture des muqueuses doivent être effectuées lors de l’extraction. Si le site des avulsions est compris à l’intérieur du volume irradié, l’exposition osseuse doit être recouverte avant la mise en place de la radiothérapie ce qui nécessite habituellement 10 jours.

 

Les extractions dentaires après irradiation doivent être évitées. Si elles sont néanmoins rendues nécessaires par la clinique, une antibiothérapie prophylactique doit être donnée en post-opératoire pour une durée comprise entre 10 et 15 jours.

6.2.2.2. Immobilisation du patient

Tous les patients seront irradiés en décubitus dorsal. Une procédure d’immobilisation utilisant des masques de conformation doit être utilisée pour s’assurer que la précision et la reproductibilité du positionnement du patient durant la radiothérapie seront optimales. Il est recommandé d’utiliser un masque d’immobilisation de la tête, du cou et si possible des épaules (masque 5 points). Les faisceaux lasers orthogonaux doivent être utilisés pour identifier les coordonnées du système de référence dessiné sur le masque.

6.2.2.3. Acquisition des coupes scanner dosimétriques

Des coupes scanographiques dosimétriques comportant au minimum la base du crâne jusqu’à la clavicule seront acquises en position de traitement. L’épaisseur des coupes doit être au maximum de 5 mm (au mieux 3 mm). Ce scanner dosimétrique sera réalisé en position de traitement avec l’ensemble des procédures et des dispositifs d’immobilisation utilisés aussi bien au simulateur que sur les tables de traitement. Pour augmenter le contraste entre les vaisseaux et les tissus mous péri-lésionnels, un agent de contraste devra être utilisé en respectant les protocoles institutionnels.

6.2.2.4. Définition des volumes

 

6.2.2.4.1. Sélection du volume cible anatomo-clinique (CTV)

·         Le premier CTV (appelé CTV1) doit inclure le volume-cible tumoral anatomique (GTV-T) avec une marge de sécurité, le ou les ganglion(s) envahi(s) s’il est présent (GTV-N) (éventuellement GTV-N homolatéral et GTV-N controlatéral) et toutes les aires ganglionnaires à risque d’extension microscopique. Les GTV (T et N) doivent être définis à partir des volumes tels qu’ils étaient avant la chimiothérapie d’induction et non pas sur le résidu éventuel.

 

Les recommandations suivantes doivent être suivies pour la sélection des volumes ganglionnaires en fonction des sites tumoraux primitifs.

 

Site de la Tumeur primitive

Aires ganglionnaires à inclure dans le CTV

 

homolatéral

Controlatéral

Hypopharynx

 

Larynx

II-III-IV + RP pour T de paroi post du pharynx+ VI pour apex du sinus piriforme

II-III-IV + VI si extension trans ou sous glottique

II-III-IV + RP pour T de paroi post du pharynx

 

 

II-III-IV + VI si extension trans ou sous glottique

 

 

NB : II = groupe ganglionnaire sous-digastrique, III = groupe ganglionnaire sus-omohyoïdien, IV = groupe ganglionnaire sous-omohyoïdien, RP = ganglions rétro-pharyngiens, VI = ganglions des chaînes récurrentielles.

 

·         Le 2ème CTV (appelé CTV2) doit inclure les GTV (T et N) avec une marge de sécurité

Délimitation du volume cible anatomo-clinique (CTV)

Les niveaux ganglionnaires seront délimités sur chaque coupe du scanner dosimétrique selon les recommandations définies par le consensus international publié par Grégoire en 2003.

Pour le volume cible anatomo-clinique de la tumeur primitive, une marge de sécurité tiendra compte du territoire et du compartiment tumoral situé dans la région cervico-faciale (par exemple, les espaces para-pharyngés ou l’espace pré-épiglottique), de la présence de points de faiblesse (l’épiglotte) ou d’éléments limitant l’extension tumorale (ligaments hyo-épiglottique, corticale osseuse) pour limiter les espaces qui doivent être ajoutés au GTV. Pour les tumeurs du pharyngo-larynx, il est recommandé d’inclure l’espace pré-épiglottique et le cartilage thyroïde. La détermination de ce CTV se fera selon les recommandations de Eisbruch et coll.

 

6.2.2.4.2. Délimitation du volume cible planifié (PTV)

Une marge de sécurité doit être rajoutée autour du CTV1 et 2 pour définir les PTV1 et PTV2. Ces marges doivent tenir compte des incertitudes de positionnement du patient sur la table de traitement. Cette marge doit être sélectionnée dans chaque centre participant à l’étude en fonction de leur équipement, de leur technique d’irradiation et de leurs expériences. Typiquement, pour les patients immobilisés avec une fixation complète de la tête et des épaules, une marge de 4 à 5 mm apparaît adaptée.

 

6.2.2.4.3. Délimitation des organes à risque et volume intégrant les organes à risque

La moelle épinière (depuis la base du crâne jusqu’à la première vertèbre dorsale) doit être prise en compte en utilisant son contour externe. La parotide et les glandes sous-maxillaires doivent être délimitées également. Si possible, la mandibule doit faire l’objet d’un contourage propre. Une marge de sécurité devra être ajoutée autour de la moelle épinière pour tenir compte de l’incertitude de positionnement du patient. Cette marge doit être sélectionnée par chaque centre participant en fonction de leur équipement, de leur technique et de leurs expériences. Typiquement, les patients étant immobilisés avec un dispositif de fixation complet de la tête et des épaules, une marge de 4 à 5 mm apparaît adaptée.

6.2.2.5. Équipement

Il est demandé d’utiliser un accélérateur linéaire capable de délivrer des photons de 4 à 8 MV.

6.2.2.6. Techniques d’irradiation

Tous les patients seront traités par une technique isocentrique. Tous les champs seront traités tous les jours. L’arrangement des faisceaux et le choix des énergies sont laissés à la discrétion des investigateurs sous réserve qu’ils respectent les recommandations définies dans le protocole. Il peut s’agir d’une technique classique avec faisceaux latéraux et faisceau antérieur ou d’une technique conformationnelle 3D. La RT avec modulation d’intensité n’est pas autorisée.

 

6.2.2.6.1. Prescription de dose, spécification de la dose et rapport de la dose au PTV

La spécification de la dose et son rapport devront suivre les règles du rapport ICRU 50 et 62 [ICRU, 1993; ICRU, 1999].

Les doses seront prescrites spécifiées et rapportées au point ICRU. Les histogrammes dose-volume seront générés pour les structures d’intérêt.

 

·         PTV 1: doit recevoir une dose de 54 Gy en 27 fractions (1 fraction par jour de 2 Gy et 5 fractions par semaine (exceptionnellement 4 fois 2.25 Gy) ; 95 % du PTV1 devra recevoir au moins 95 % de la dose prescrite.

 

·         PTV2 : doit recevoir une dose de 70 Gy en 35 fractions selon le même fractionnement ; 95 % du PTV2 devra recevoir au moins 95 % de la dose prescrite.

 

Doses à la moelle épinière : 44 Gy au maximum. Moins de 5 % d’organe à risque devra recevoir une dose de 50 Gy.

 

6.2.2.6.2. Dosimétrie :

Elle sera évaluée essentiellement sur les histogrammes doses-volumes :

Il est indispensable de pouvoir fournir les données suivantes :

·         Dose totale au point ICRU

·         HDV du PTV1

·         HDV du PTV2

 

6.2.2.6.3. Vérification du positionnement au cours des traitements

Le positionnement des patients devra être vérifié au cours des trois premiers jours de traitement. Si ce positionnement est correct, la vérification sera effectuée au moins une fois par semaine soit par imagerie portale électronique soit par films. L’imagerie portale électronique sera comparée avec les films de simulation ou les DRR et toute différence dépassant le seuil d’intervention de chaque institution devra faire l’objet d’une correction adaptée.

6.2.2.7. Toxicité aiguë

Elle sera évaluée au cours de la consultation hebdomadaire pendant les 7 semaines de la RT et pendant les 5 semaines consécutives. Elle sera évaluée en utilisant l’échelle CTC-AE (version 3, 2003).

 

6.2.3 Traitements associés à la radiothérapie

6.2.3.1. Cisplatine (bras A)

Le cisplatine sera administré en perfusion IV d’une heure à la dose de 100 mg/m² aux jours 1, 22 et 43 de la radiothérapie.

Le cisplatine est utilisé sous sa forme commerciale et l’investigateur devra suivre les procédures d’administration décrites par le fabricant. 

 

6.2.3.2. Cetuximab (bras B)

Les modalités d’administration du cetuximab seront les suivantes :

·         La première perfusion intraveineuse sera réalisée à la dose de 400 mg/m² (=200 mL/m²).

Avant la première perfusion, les patients doivent recevoir une prémédication par un antihistaminique afin de réduire les risques de réaction allergique ou d’hypersensibilité.

La perfusion de cetuximab est réalisée sur une durée de 120 minutes et la vitesse maximale de perfusion ne doit pas dépasser 5 mL/minute. La ligne de perfusion doit être rincée avec une solution de chlorure de sodium stérile à 0,9 % pour préparation injectable à la fin de la perfusion. Les signes vitaux seront contrôlés avant, pendant, immédiatement après et une heure après la fin de la perfusion et seront reportés dans le cahier d’observation.

·         Les administrations ultérieures seront réalisées à la dose de 250 mg/m² (=125 mL/m²) aux jours 8, 15, 22, 29, 36 et 43 de la radiothérapie. Une prémédication par un antihistaminique est recommandée. Pour les modifications de traitement en fonction des événements indésirables, se référer au paragraphe 6.3.2.

La perfusion de cetuximab est réalisée sur une durée de 60 minutes et la vitesse maximale de perfusion ne doit pas dépasser 5 mL/minute. La ligne de perfusion doit être rincée avec une solution de chlorure de sodium stérile à 0,9 % pour préparation injectable à la fin de la perfusion.

Une surveillance étroite du patient (incluant les signes vitaux) est nécessaire pendant la perfusion et jusqu’à une heure après la fin de la perfusion afin d’observer la survenue potentielle d’événement indésirable (en particulier réaction de type allergie ou hypersensibilité). Seules les anomalies considérées comme événements indésirables seront reportées dans le cahier d’observation.

Les perfusions de cetuximab doivent être programmées tous les 7  jours, si possible le même jour de la semaine, et ne doivent pas être décalées de plus de 3 jours. 

 

6.3     Modifications des modalités de traitement en fonction de la tolérance

6.3.1. Chimiothérapie d’induction

·         Tolérance hématologique (critères NCI-CTCAE, version 3.0)

 

NADIR

 

PNN (x106/l)

Dose cycle suivant

> 0,5

Pas de modification

> 0,5 d'une durée < 7 jours sans fièvre

Pas de modification

< 0,5 (grade 4) plus de 7 jours

et/ou neutropénie fébrile*

et/ou infection documentée

ü       1er épisode : prescription de lenograstime (150 µg/m²/j) en préventif pour tous les cycles suivants

ü       2ème épisode : malgré la ciprofloxacine et le lenograstime, réduction des doses de docétaxel de 75 à 60 mg/m²

*     Définition d'une neutropénie fébrile : fièvre, grade 2 (température > 38.1°C) concomitant avec une neutropénie grade 4 (PNN < 0,5) nécessitant une antibiothérapie IV et/ou une hospitalisation.

 

 

NFS à J21

 

PNN (x106/l)    

Dose et date du cycle

> 1,5   

J21 et dose adaptée au nadir

< 1,5   

Retarder de 1 semaine :

ü       si PNN > 1,5.106/l, se reporter au tableau précédent (concernant le Nadir) pour la conduite à tenir.

ü       si PNN < 1,5.106/l, prescription de lenograstime (150 µg/m²/j) pendant 7 jours et effectuer la cure à J35 en cas de récupération.

ü       En l'absence de récupération après 2 semaines : arrêt de la chimiothérapie.

En cas (rare) de toxicité plaquettaire grade 3/4, transfusion à la demande.

·         Tolérance non hématologique (critère NCI-CTCAE, version 3.0)

Réaction cutanée

Grades 0, 1, 2

Grade 3

 

 

 

Grade 4

 

Pas de modification

Retarder la cure suivante de 1 à 2 semaines jusqu'à obtention d'un grade < 1, puis retraiter en réduisant la dose de docétaxel à 60 mg/m². En l'absence de récupération, arrêt de la chimiothérapie.

Arrêt de la chimiothérapie.

Diarrhée

Grades 1, 2, 3

 

 

Grade 4

 

Traitement prophylactique au cycle suivant.

Si survenue d'un nouvel épisode de grade £ 3, réduction de 20% des doses de 5 FU : de 750 à 600 mg/m²/j.

Arrêt de la chimiothérapie.

Bilan hépatique

ASAT/ALAT     et                     PAL

< 1,5 x LNS                              < 5 x LNS

 

 

Pas de modification

> 1,5 x LNS à

< 2,5 LNS                                < 2,5 LNS

Pas de modification

 

> 2,5 x LNS à

< 5 x LNS                                < 2,5 LNS

 

Réduction des doses de docétaxel de 75 à 60 mg/m²

> 1,5 LNS à                              > 2,5 LNS

< 5 LNS            à                      < 5 LNS

 

Réduction des doses de docétaxel de 75 à 60 mg/m²

> 5 LNS   et/ou   5 LNS

 

Retarder jusqu'à un maximum de 2 semaines. En l'absence de récupération, arrêt de la chimiothérapie

Stomatite

Grade > 3 > 48 h

 

Grade 4

 

Réduction de 20 % des doses de 5-FU : de 750 à
600 mg/m²/j

Arrêt de la chimiothérapie.

Neuropathie périphérique

Grade 0, 1

Grade 2

Grade 3

 

Pas de modification

Réduction des doses de cisplatine : 50 mg/m²

Arrêt de la chimiothérapie.

Ototoxicité

Grade 3

 

Arrêt de la chimiothérapie.

Néphrotoxicité

Créatinine > grade 2 (> 1,5 x LNS) malgré une réhydratation

Si clairance de la créatinine (CC) ³ 60 ml/min : pas de modification de dose, refaire la CC avant chaque cycle.

Si 40 ³ CC £ 60 ml/min : réduction des doses de cisplatine de 50 % pour les cycles suivants (ne doit plus être ré-escaladée). Si pas de récupération ou si CC < 40 ml/min, le traitement sera poursuivi sans cisplatine jusqu'à la fin de l'essai. 

Autres effets secondaires :

grade > 3

 

En dehors de l'asthénie, des nausées et des vomissements, des altérations unguéales et de l'alopécie : retarder le cycle suivant de 1 à 2 semaines jusqu'à résolution à un grade < 1.

Abréviations : CC : clairance de la créatinine ; LNS : Limite Normale Supérieure ; PAL : phosphatases alcalines.


6.3.2. Cetuximab

Les adaptations de posologie, les reports d’administration et omissions pour un maximum de 2 perfusions consécutives de cetuximab sont autorisés dans les circonstances décrites ci-après. Les réductions de posologie de cetuximab sont définitives. Si plus de deux perfusions successives de cetuximab ne sont pas administrées, le patient doit sortir de l’étude.

 

Réactions allergiques / hypersensibilité :

En cas de réaction allergique ou d’hypersensibilité, l’investigateur doit prendre en charge le patient en fonction des dernières thérapeutiques disponibles.

Les recommandations concernant les modifications de traitement par cetuximab en cas de réactions allergiques, basées sur l’expérience acquise en Recherche et Développement et codifiées selon les critères du NCI-CTCAE (se référer à l’Annexe VII), sont résumées dans le Tableau 2.

Tableau 2 :     Modifications des modalités de traitement par cetuximab en fonction des réactions allergiques /hypersensibilité  selon les critères du NCI-CTCAE (Version 3.0)

Grade NCI -CTCAE
Réaction allergique/hypersensibilité

Traitement

Grade 1
Éruption ou rougeur transitoire ; fièvre liée au produit  < 38°C

Réduire le débit de la perfusion du cetuximab de 50 % et suivre attentivement l’évolution.

La durée totale de la perfusion du cetuximab à dose hebdomadaire ne doit pas dépasser 240 minutes.

Grade 2
Éruption ; rougeur ; urticaire ; dyspnée ; fièvre liée au produit ≥ 38°C

Arrêt de la perfusion de cetuximab.

Traitement par bronchodilatateurs, oxygène, etc … en fonction de l’état clinique.

Si retour à la normale ou diminution à grade 1, poursuivre la perfusion à 50 % de la vitesse initiale en surveillant attentivement le patient.

Grade 3 
Bronchospasme symptomatique, avec ou sans urticaire ;  traitement parentéral ; œdème/angioedème lié à l’allergie ; hypotension.

Arrêt immédiat de la perfusion de cetuximab.

Traitement par épinéphrine, bronchodilatateurs, anti-histaminiques, glucocorticoides, vasopresseurs, oxygène, etc…, en fonction de l’état clinique.

Pas de reprise du cetuximab même à distance de l’épisode.

Grade 4
Anaphylaxie

Arrêt immédiat du traitement par cetuximab sans retraitement ultérieur.   

 

Reprise du traitement après réactions allergiques /hypersensibilité

Une fois que la vitesse de perfusion du cetuximab a été diminuée pour toxicité de type allergie ou hypersensibilité, cette vitesse sera maintenue pour les administrations ultérieures de cetuximab. Si un second épisode d’allergie ou hypersensibilité survient alors que le débit de perfusion est déjà ralenti, la perfusion doit être arrêtée et le patient doit sortir de l’étude. Si un grade 3/4 d’allergie ou d’hypersensibilité est notifié, le traitement par cetuximab doit être définitivement arrêté quel que soit le moment de survenue au cours de l’étude.

 


Toxicité cutanée :

Pour les éruptions acnéiformes de grade 1 ou 2, un traitement local de type anti-acnéique ou anti-rosacé (par exemple peroxyde de benzoyle, érythromycine) ou par antibiothérapie systémique (type tétracycline comme doxycycline 100 mg/jour) peut être envisagé.

Les patients présentant des réactions de grade ³ 3 doivent être adressés à un dermatologue pour avis thérapeutique. En cas de prurit, un traitement oral par antihistaminique est conseillé. En cas de sécheresse cutanée, l’utilisation de crèmes émollientes est bénéfique. Des fissures cutanées peuvent survenir en cas de sécheresse ; elles peuvent être traitées par des pansements.

Les modalités d’adaptation des doses du cetuximab dans le cas de la survenue d’une toxicité cutanée de grade 3 sont résumées dans la Figure 1.

 

Figure 1 :       Adaptation des doses du cetuximab dans le cas de la survenue d’une toxicité cutanée de grade 3

 

 

 

En cas de toxicité cutanée de grade 3, le traitement par cetuximab peut être retardé jusqu’à 14 jours sans changement de posologie. Lorsque le grade de toxicité diminue à un grade 2 ou moins, le traitement par cetuximab peut être repris.

 

Devant la survenue d’un second ou troisième épisode de toxicité de grade 3, le traitement par cetuximab peut être à nouveau décalé pendant une période maximale de 2 semaines consécutives avec réduction concomitante de la posologie respectivement à 200 mg/m² puis 150 mg/m² (Figure 1).

Une fois que la posologie de cetuximab a été réduite, elle sera conservée pour les perfusions ultérieures.

Le traitement par cetuximab doit être arrêté définitivement dans les cas où plus de 2 perfusions consécutives n’ont pas été administrées ou si un quatrième épisode de grade 3 survient malgré les réductions de posologie du cetuximab (Figure 1).

 

Cependant, le cetuximab peut être arrêté immédiatement et de façon définitive sur seule décision de l’investigateur, dans la mesure où il considère que cela est nécessaire pour le patient.

 

La posologie du cetuximab est modifiée seulement en cas de survenue de toxicités cutanées de grade 3 corrélées à l’administration du cetuximab (Figure 1). L’administration du cetuximab reste inchangée dans le cas où les toxicités sont corrélées à d’autres thérapeutiques (chimiothérapie concomitante et/ou radiothérapie). En cas de report d’administration de chimiothérapie, le patient doit continuer à recevoir le cetuximab comme prévu dans le protocole. 

Arrêt ou interruption du traitement par cetuximab

Le traitement par cetuximab peut également être retardé ou interrompu si le patient développe une maladie intercurrente (par exemple infection). Si selon l’avis de l’investigateur, le traitement par cetuximab nécessite d’être interrompu, la maladie intercurrente doit être résolue dans un laps de temps n’excédant pas deux perfusions successives de cetuximab.

Après l’interruption, le patient peut reprendre le traitement par cetuximab à la posologie de la dernière perfusion administrée avant l’interruption du traitement. La dose initiale utilisée lors de la première injection (400 mg/m²) n’est jamais répétée.

Si le traitement doit être interrompu plus de 14 jours, le traitement est alors définitivement arrêté. Dans certains cas, l’investigateur peut demander au promoteur l’autorisation de poursuivre le traitement au-delà de cette période. Ceci doit être notifié dans le cahier d’observation.

 

En cas de report d’administration du cetuximab, la radiothérapie concomitante peut être poursuivie selon les modalités décrites dans le protocole.

6.4     Chirurgie

6.4.1    Chirurgie après chimiothérapie d’induction

Les patients n’étant pas en réponse majeure après la chimiothérapie seront traités par chirurgie. L’intervention aura lieu 3 à 6 semaines après la dernière cure.

 

Une radiothérapie postopératoire est systématique dans les tumeurs de l’hypopharynx et de la margelle laryngée. Dans les tumeurs laryngées, elle est discutée au cas par cas selon les centres en fonctions des constations anatomo-pathologiques sur la tumeur primitive et en fonction de l’envahissement ganglionnaire.

 

Quand elle est réalisée, cette radiothérapie post-opératoire est délivrée selon des modalités laissées au libre choix des institutions en fonction des habitudes locales et avec des doses basées sur les données de l’examen anatomo-pathologique de la pièce opératoire.

 

·         Chirurgie de la tumeur primitive

La chirurgie réalisée sur les tumeurs n’ayant pas répondu suffisamment à la chimiothérapie d’induction est exactement celle qui aurait été réalisée avant cette chimiothérapie. C’est-à-dire qu’en aucun cas elle ne doit être plus limitée. La question de la déflation thérapeutique en terme de largeur de l’exérèse tumorale grâce à une chimiothérapie première (le « downstaging ») est une question à laquelle cet essai n’a ni le design ni la volonté de répondre. Les seules techniques autorisées sont donc les classiques laryngectomies totales avec ou sans pharyngectomie partielle. La technique de Pearson (« near-total laryngectomy ») n’est autorisée que si elle était réalisable initialement (c’est-à-dire que si la partie du pharyngo-larynx qui sera conservé pour fabriquer le shunt phonatoire n’était pas envahie par la tumeur ou à son contact initialement).

 

En revanche si la tumeur a progressé mais reste accessible à un geste chirurgical, celui-ci doit être, évidemment, adapté aux nouvelles limites tumorales, ce qui peut nécessiter des exérèses plus larges que celles prévues initialement, et même nécessiter des procédés de reconstruction de la filière digestive (lambeaux musculo-cutanés ou lambeaux libres) ou de protection des sutures (lambeaux musculaires).

 

Les détails techniques comme la résection de l’os hyoïde, des muscles sous hyoïdiens et de l’hémi-glande thyroïde sont laissés à la libre appréciation des opérateurs puisque compte tenu des critères d’éligibilité et de non-éligibilité leur envahissement même microscopique est a priori peu probable. De même le choix d’effectuer la laryngectomie de haut en bas et de bas en haut est laissé à l’appréciation de chacun en fonction de l’extension tumorale et  de la morphologie du patient. L’exérèse doit passer macroscopiquement à au moins 1 cm des limites tumorales sur la muqueuse pharyngée pour les tumeurs hypopharyngées ou les tumeurs laryngées atteignant ou débordant la margelle du larynx. En aucun cas elle ne doit se faire à moins de 5 mm de la tumeur. Elle doit être distante de 1,5 cm des limites tumorales au niveau trachéal pour les tumeurs endo-laryngées.

 

L’utilisation de lambeau n’est a priori pas nécessaire compte tenu des critères d’éligibilité mais leur utilisation après chimiothérapie est elle aussi laissée à l’appréciation des opérateur.

 

Enfin la mise en place d’une prothèse phonatoire par poncture trachéo-oesophagienne, quel qu’en soit le modèle et qu’elle soit posée en per-opératoire ou de façon différée, est laissée au choix de chaque institution en fonction de ses protocoles ou de chaque opérateur en fonction des constatations per-opératoires ou des souhaits et motivations des patients.

 

·         Chirurgie des aires ganglionnaires cervicales

Les laryngectomies totales et pharyngo-laryngectomies totales seront toujours associées à une chirurgie des aires ganglionnaires cervicales. Au cours des pharyngolaryngectomies totales, l’évidemment ganglionnaire cervical est le plus souvent réalisé en monobloc avec la tumeur mais reste au choix des opérateurs.

 

Un traitement bilatéral des aires ganglionnaires cervicales doit être réalisé systématiquement pour les tumeurs sus-glottiques, en cas d’envahissement ganglionnaire classée N2c ou en cas de lésion proche de la ligne médiane ou, a fortiori, la dépassant.

 

En fonction de la présence et de la taille ou de l'absence d'adénopathie, l'évidement est radical ou radical modifié (fonctionnel). Qu'il soit modifié ou non, l'évidement ganglionnaire cervical doit emporter les aires ganglionnaires suivantes : IIA = sous-digastrique pré-spinale, IIB = sous-digastrique sus et rétrospinale, III = sus-omo-hyoïdienne, IV = sous-omo-hyoïdienne. L’évidemment des aires V (= spinale inférieure) et IB (sous-mandibulaire) est laissé à l’appréciation des opérateurs en fonction de l’extension de la lésion tumorale. Par définition l’aire pré-laryngée (VI) est réséquée lors de la laryngectomie. Un évidement ganglionnaire récurrentiel (VIbis) est pratiqué pour les cancers de la paroi hypopharyngée latérale, du fond du sinus piriforme et les tumeurs endolaryngées à extension sous glottique et/ou envahissant l'espace paraglottique. Ce geste est facilité par une lobectomie thyroïdienne homolatérale.

 

Devant une adénopathie sous-digastrique mesurant cliniquement 2 cm ou plus, il faut enlever le ventre postérieur du digastrique et le muscle stylo-hyoïdien et remonter l'évidement haut dans l'espace rétro-stylien.

 

En cas de réponse majeure tumorale mais incomplète ganglionnaire, le traitement chirurgical des aires ganglionnaires cervicales sera effectué selon les mêmes principes.

 

6.4.2    Chirurgie après radiothérapie pour tumeur persistante

Les patients n’étant pas en réponse complète 3 mois après la radiothérapie seront traités par chirurgie. L’intervention aura lieu 3 à 4 mois (au plus tard) après la fin de la radiothérapie.

 

·         Chirurgie de la tumeur primitive

La chirurgie réalisée sur les tumeurs persistantes après la radiothérapie doit être, évidemment, adaptée aux nouvelles limites tumorales, ce qui peut nécessiter des exérèses plus larges que celles prévues initialement, et même nécessiter des procédés de reconstruction de la filière digestive (lambeaux musculo-cutanés ou lambeaux libres) ou de protection des sutures (lambeaux musculaires). En revanche pour ces tumeurs persistantes elle ne peut pas être plus limitée qu’elle ne l’aurait été initialement.

 

Les détails techniques comme la résection de l’os hyoïde, des muscles sous hyoïdiens et de l’hémi-glande thyroïde sont laissés à la libre appréciation des opérateurs puisque compte tenu des critères d’éligibilité et de non-éligibilité leur envahissement même microscopique est a priori peu probable. De même le choix d’effectuer la laryngectomie de haut en bas et de bas en haut est laissé à l’appréciation de chacun en fonction de l’extension tumorale et de la morphologie du patient. L’exérèse doit passer macroscopiquement à au moins 1 cm des limites tumorales sur la muqueuse pharyngée pour les tumeurs hypopharyngées ou les tumeurs laryngées atteignant ou débordant la margelle du larynx. Elle doit être distante de 1,5 cm des limites tumorales au niveau trachéal pour les tumeurs endo-laryngées.

 

L’utilisation de lambeaux est laissée à l’appréciation des opérateurs mais des lambeaux musculaires de couverture des sutures et/ou de protection vasculaire est conseillée.

 

Enfin la mise en place d’une prothèse phonatoire par poncture trachéo-oesophagienne, quel qu’en soit le modèle et qu’elle soit posée en per-opératoire ou de façon différée, est laissée au choix de chaque institution en fonction de ses protocoles ou de chaque opérateur en fonction des constatations per-opératoires ou des souhaits et motivations des patients.

 

·         Chirurgie des aires ganglionnaires cervicales

Pour ces persistances évolutives locales il est nécessaire de réaliser un curage cervical associé à la laryngectomie totale ou à la pharyngo-laryngectomie totale en cas de persistance évolutive ganglionnaire associée et même en l’absence d’adénopathie (sauf impossibilité technique liée aux séquelles du traitement).

 

Un traitement bilatéral des aires ganglionnaires cervicales doit être réalisé systématiquement pour les tumeurs sus-glottiques, en cas d’envahissement ganglionnaire initialement classé N2c ou en cas de lésion initialement proche de la ligne médiane ou, a fortiori, la dépassant.

 

En fonction de la présence et de la taille ou de l'absence d'adénopathie, l'évidement est radical ou radical modifié (fonctionnel). Qu'il soit modifié ou non, l'évidement ganglionnaire cervical doit emporter les aires ganglionnaires suivantes : IIA = sous-digastrique pré-spinale, IIB = sous-digastrique sus et rétrospinale, III = sus-omo-hyoïdienne, IV = sous-omo-hyoïdienne. L’évidemment des aires V (= spinale inférieure) et IB (sous-mandibulaire) est laissé à l’appréciation des opérateurs en fonction de l’extension de la lésion tumorale. Par définition l’aire pré-laryngée (VI) est réséquée lors de la laryngectomie. Un évidement ganglionnaire récurrentiel (VIbis) est pratiqué pour les cancers de la paroi hypopharyngée latérale, du fond du sinus piriforme et les tumeurs endolaryngées à extension sous glottique et/ou envahissant l'espace paraglottique. Ce geste est facilité par une lobectomie thyroïdienne homolatérale.

 

Devant une adénopathie sous-digastrique mesurant cliniquement 2 cm ou plus, il faut enlever le ventre postérieur du digastrique et le muscle stylo-hyoïdien et remonter l'évidement haut dans l'espace rétro-stylien.

 

En cas de réponse tumorale complète mais incomplète au niveau ganglionnaire, le traitement chirurgical des aires ganglionnaires cervicales sera effectué selon les mêmes principes.

 

6.4.3    Chirurgie après radiothérapie pour tumeur récidivante

Les patients présentant une récidive tumorale et/ou ganglionnaire sont traités chaque fois que possible par chirurgie. L’intervention aura lieu dans le mois suivant le diagnostic de récidive.

 

·         Chirurgie de la tumeur primitive

La chirurgie réalisée sur les tumeurs récidivantes doit être adaptée aux nouvelles limites tumorales, ce qui peut nécessiter des exérèses plus larges que celles prévues initialement, et même nécessiter des procédés de reconstruction de la filière digestive (lambeaux musculo-cutanés ou lambeaux libres) ou de protection des sutures (lambeaux musculaires). La réalisation de gestes plus limités est possible mais doit être proposée avec prudence et tenir compte de la durée de l’intervalle libre.

 

Les détails techniques comme la résection de l’os hyoïde, des muscles sous hyoïdiens et de l’hémi-glande thyroïde sont laissés à la libre appréciation des opérateurs puisque compte tenu des critères d’éligibilité et de non-éligibilité leur envahissement même microscopique est a priori peu probable. De même, le choix d’effectuer la laryngectomie de haut en bas et de bas en haut est laissé à l’appréciation de chacun en fonction de l’extension tumorale et de la morphologie du patient. L’exérèse doit passer macroscopiquement à au moins 1 cm des limites tumorales.

 

L’utilisation de lambeaux est laissée à l’appréciation des opérateurs mais des lambeaux musculaires de couverture des sutures et/ou de protection vasculaire est conseillée.

 

Enfin la mise en place d’une prothèse phonatoire par poncture trachéo-oesophagienne, quel qu’en soit le modèle et qu’elle soit posée en per-opératoire ou de façon différée, est laissée au choix de chaque institution en fonction de ses protocoles ou de chaque opérateur en fonction des constatations per-opératoires ou des souhaits et motivations des patients.

 

·         Chirurgie des aires ganglionnaires cervicales

Pour ces récidives locales il est nécessaire de réaliser un curage cervical associé à la laryngectomie totale ou à la pharyngo-laryngectomie totale en cas de récidive ganglionnaire associée et même en l’absence d’adénopathie (sauf impossibilité technique liée aux séquelles du traitement).

 

Un traitement bilatéral des aires ganglionnaires cervicales doit être réalisé systématiquement pour les tumeurs sus-glottiques, en cas d’envahissement ganglionnaire initialement classé N2c ou en cas de lésion initialement proche de la ligne médiane ou, a fortiori, la dépassant.

 

En fonction de la présence et de la taille ou de l'absence d'adénopathie, l'évidement est radical ou radical modifié (fonctionnel). Qu'il soit modifié ou non, l'évidement ganglionnaire cervical doit emporter les aires ganglionnaires suivantes : IIA = sous-digastrique pré-spinale, IIB = sous-digastrique sus et rétrospinale, III = sus-omo-hyoïdienne, IV = sous-omo-hyoïdienne. L’évidemment des aires V (= spinale inférieure) et IB (sous-mandibulaire) est laissé à l’appréciation des opérateurs en fonction de l’extension de la lésion tumorale. Par définition l’aire pré-laryngée (VI) est réséquée lors de la laryngectomie. Un évidement ganglionnaire récurrentiel (VIbis) est pratiqué pour les cancers de la paroi hypopharyngée latérale, du fond du sinus piriforme et les tumeurs endolaryngées à extension sous glottique et/ou envahissant l'espace paraglottique.  Ce geste est facilité par une lobectomie thyroïdienne homolatérale.

 

Devant une adénopathie sous-digastrique mesurant cliniquement 2 cm ou plus, il faut enlever le ventre postérieur du digastrique et le muscle stylo-hyoïdien et remonter l'évidement haut dans l'espace rétro-stylien.

 

En cas de récidive uniquement ganglionnaire, le traitement chirurgical des aires ganglionnaires cervicales sera effectué selon les mêmes principes.

6.5     Conditionnement, étiquetage et stockage des traitements à l’essai

6.5.1 Cetuximab (à confirmer ).

Conditionnement :

Cetuximab sera fourni sous forme de solution injectable à usage unique dans des flacons de 50 ml contenant 100 mg de produit soit une solution à 2 mg/ml de cetuximab.

Le cetuximab sera empaqueté dans des boîtes de 12 flacons de 50 ml contenant les instructions pour l’utilisation du produit en français.

 

Des filtres à usage unique seront fournis dans des sacs en plastique contenant 6 filtres chacun.

 

Étiquetage :

L’étiquetage des boîtes et des flacons sera réalisé conformément aux règlementations en vigueur.

En particulier, les étiquettes apposées sur les boîtes de traitement comporteront les indications suivantes :

·         nom et adresse du promoteur,

·         dosage, voie d’administration,

·         code de l’étude,

·         les mentions :       « médicament pour essai clinique »,

                                         « ne pas laisser à la portée des enfants »,

     « après usage, restituer le flacon entamé au médecin ».

·         conditions de stockage,

·         date de péremption,

·         période d’administration.

 

Dispensation et stockage :

Les traitements parviendront sur le site investigateur seulement après l’avis favorable du C.C.P.P.R.B.

 

Avant ouverture : les traitements seront conservés à une température comprise entre + 2 °C et + 8 °C et à l'abri de la lumière directe ou d’une source de chaleur. Le cetuximab ne doit pas être congelé.

La stabilité chimique et physique en cours d’utilisation a été démontrée pour une durée de 20 heures à 25°C.

Ils seront conservés à l’écart des médicaments utilisés habituellement. L’investigateur tiendra à jour un inventaire qui inclura les informations concernant la réception, la dispensation, la récupération, le décompte des unités de traitement restantes et le retour au promoteur des produits à l’étude.

 

En fin d’essai, les conditionnements utilisés et non utilisés seront comptabilisés par l’assistant de recherche clinique et retournés au promoteur (à confirmer svp ?).

 

L’investigateur dispensera les traitements uniquement aux patients inclus dans l’essai, selon les procédures décrites dans le protocole. Il n’est pas autorisé à utiliser les produits de l’essai à toute autre fin.

 

6.5.2    Docétaxel

 

A compléter.

6.5.3 Autres médicaments

Pour le cisplatine et le 5-FU utilisés sous leur forme commerciale, les informations concernant le stockage seront trouvées dans leurs boîtes respectives.

6.7     Traitements concomitants

Les traitements considérés comme nécessaires pour le  bien-être du patient peuvent être administrés à la discrétion de l’investigateur. En particulier une grande attention sera portée au statut nutritionnel du patient. Les modalités d’évaluation clinique et biologique du profil nutritionnel du patient et les éventuelles modalités correctrices ou préventives (supplémentation, sonde naso-gastrique, gastrostomie) sont laissées au libre choix des investigateurs. De la même façon une trachéotomie peut être réalisée en cours de traitement si nécessaire. MAIS TOUT PATIENT QUI NECESSITERAIT UNE TRACHEOTOMIE D’EMBLEE EST CONSIDERE COMME INELIGIBLE POUR L’ETUDE.

 

Tous les traitements autres que ceux étudiés pris au moment de l’inclusion dans l’étude ou reçu en cours d’étude doivent être documentés dans les pages appropriées du cahier d’observation.

 

L’utilisation d’une autre chimiothérapie que celle à l’étude n’est pas autorisée.

 

Les prémédications pendant la chimiothérapie d’induction consistent en:

ü      patients ayant présenté un premier épisode de neutropénie fébrile ou d'une infection,

ü      absence de récupération hématologique (PNN < 1,5 x 106/l) malgré un report de cure d'une semaine.

ü      patients ayant présenté une neutropénie de grade 4 d'une durée supérieure à 7 jours.

Les prémédications pendant la chimiothérapie associée à la radiothérapie consistent en :

 

7.       EVALUATION DE L'EFFICACITE ET DE LA TOLERANCE

7.1     Efficacité

7.1.1. Chimiothérapie d’induction

La réponse au traitement sera évaluée selon les critères cliniques et paracliniques. Tous les patients ayant reçu au moins 1 cure seront considérés évaluables pour la réponse.

 

Les patients progressant sous chimiothérapie sortent de l’essai (mais restent suivis) pour être opérés.

 

Pour les autres patients l’évaluation de la réponse sera faite 3 semaines après la troisième cure de chimiothérapie par l’examen physique (laryngoscopie indirecte et endoscopie) et par imagerie (scanner cervico-thoracique). La réponse sera évaluée globalement sur l’ensemble des sites de la maladie (T et N) et sera évaluée séparément sur chacun des sites (réponse tumorale et réponse ganglionnaire).

 

·         La réponse complète après chimiothérapie d’induction est définie comme disparition macroscopique clinique et radiologique de toute tumeur avec re-mobilisation laryngée. Des biopsies au site initial peuvent être effectuées mais ne sont pas nécessaires à l’affirmation de la réponse complète.

·         La réponse majeure après chimiothérapie d’induction est définie comme la régression de plus de 50 % du volume tumoral évalué cliniquement (laryngoscopie indirecte et endoscopie) et scanographiquement, associée à une re-mobilisation complète des structures laryngées évaluée en laryngoscopie indirecte.

·         Les autres cas sont considérés comme des échecs de la chimiothérapie d’induction.

 

7.1.2. Radiothérapie

Le taux de préservation de la fonction laryngée sera le nombre de patients qui à 3 mois après la dernière séance de radiothérapie auront un contrôle locorégional de leur maladie (examen clinique et endoscopique et scanner cervico-thoracique) et auront conservé un larynx fonctionnel en place : absence de trachéotomie, alimentation orale sans fausses routes notables.

 

Le temps jusqu'à échec du traitement est le délai entre la date de randomisation et la date de l'échec thérapeutique (progression, récidive, décès, laryngectomie totale, trachéotomie définitive, sonde d’alimentation définitive, sortie d'essai due à un événement indésirable, refus du patient de continuer l'essai thérapeutique ou perdu de vue).

 

La réalisation d’une trachéotomie ou la mise en place d’une sonde d’alimentation provisoires avant ou pendant la radio-chimiothérapie n’est pas considérée comme un échec.

 

La survie est le délai écoulé entre la date de randomisation et la date de décès.

7.2.    Qualité de vie

Un questionnaire spécifique essentiellement orienté sur les aspects fonctionnels sera utilisé au cours de l’étude (voir en annexe XII).

Les questionnaires seront complétés par les patients après la chimiothérapie d’induction, 3 mois après la fin du traitement  et à la fin de l’étude (c’est-à-dire à 18 mois).

7.3     Tolérance

Les examens cliniques et la toxicité rapportés seront gradés selon les critères de toxicité NCI-CTCAE-Version 3.0 (Annexe VII) pour la chimiothérapie et l'irradiation et selon les critères EORTC, RTOG (Annexe VIII) pour la morbidité post-irradiation.

 

Un examen clinique sera réalisé à l'inclusion, toutes les 3 semaines durant la chimiothérapie, à la fin de la chimiothérapie, à la fin du traitement loco-régional, puis tous les 3 puis tous les 6 mois.

 

Un bilan hématologique (NFS et plaquettes) sera réalisé à l'inclusion, chaque semaine durant la chimiothérapie (tous les 2 jours en cas de neutropénie de grade 4) et à la fin de la chimiothérapie.

 

Un bilan biochimique sera réalisé à l'inclusion, toutes les 3 semaines durant la chimiothérapie et à la fin de celle-ci.

 

Les examens biologiques seront réalisés par les laboratoires de chaque centre participant. Ces laboratoires devront préciser leurs constantes lors de la mise en place de l’étude.

 

Un comité de surveillance composé des coordinateurs de l’étude devra assurer le suivi de la toxicité du protocole. Lorsque 14 patients auront été randomisés et traités dans chaque bras, une évaluation de la tolérance au traitement sera réalisée. Si la moitié ou plus des patients d’un bras n’ont pu avoir le protocole complet, ce bras sera déclaré « non réalisable » et fermé, l’autre bras continuant jusqu’au nombre prévu d’inclusions.

 

JLL : prévoit-on une procédure d’arrêt d’un bras en cas de 1 (2 ou plus ?) décès toxique ???

8.       Evénements intercurrentsPharmacovigilance (texte reco Merck)

 

Le suivi de la tolérance commence dès l’obtention du consentement éclairé et devra se poursuivre jusqu’à la visite de fin d’étude. La visite de fin d’étude doit être réalisée au moins 30 jours après la fin de la période de traitement et avant le début d’un autre traitement par un agent anticancéreux.

 

Définition d’un événement indésirable, effet indésirable et événement indésirable grave

 

Événement indésirable (EI):

Toute manifestation médicale non recherchée, chez un patient ou un participant à une étude clinique recevant un produit pharmaceutique, qui ne doit pas nécessairement avoir une relation de causalité avec le traitement.

Un événement indésirable peut ainsi être tout signe défavorable et non voulu (ce qui inclut par exemple, une valeur anormale d’examen biologique), tout symptôme ou toute maladie temporairement associée à l’usage d’un médicament, qu’il (elle) soit ou non considéré(e) en relation avec le médicament.

Selon les réglementations en vigueur, les événements survenant au cours des périodes pré- ou post-thérapeutique seront également considérés comme des EIs. Par conséquent, le suivi de la tolérance (notification des EIs) commence lorsque le sujet est inclus dans l’étude (date de signature du consentement éclairé) jusqu’à la réalisation de la visite de fin d’étude. Les EIs survenant entre la signature du consentement éclairé et le début du traitement sont considérés comme des EIs.

 

Effet indésirable :

Tous les effets nocifs et non désirés d’un médicament quelle que soit la dose utilisée doivent être considérés comme des effets indésirables.

L’expression « effet (nocif et non désiré) d’un médicament » signifie que la possibilité d’une relation de cause à effet entre un médicament et un événement indésirable peut raisonnablement être envisagée, c’est-à-dire ne pas être écartée.  

Effet indésirable grave (EIG) :

Un événement (ou une réaction) indésirable grave se définit comme toute manifestation médicale défavorable qui :

·       Entraîne le décès du participant.

·       Met en jeu le pronostic vital.

NOTE: l’expression « mise en jeu du pronostic vital » fait référence à un événement qui met le patient en danger de mort au moment de l’événement ; il ne fait pas référence à un événement qui aurait pu de façon hypothétique, entraîner la mort s’il avait été plus sévère.

·       Nécessite une hospitalisation ou une prolongation d’hospitalisation existante.

·       Entraîne une invalidité ou une incapacité permanente ou significative.

·       Est une anomalie congénitale ou une malformation à la naissance.

·       Est un événement médical important.

Dans d’autres situations, le jugement scientifique et médical permet d’apprécier la nécessité d’une notification, notamment en cas d’événements médicaux importants n’entraînant pas la mise en jeu immédiate du pronostic vital, la mort ou une hospitalisation mais pouvant mettre en danger le patient, ou pouvant nécessiter une intervention pour prévenir l’une des conséquences citées dans la définition précédente. Ces événements doivent être considérés comme graves.

Des exemples de tels événement sont : traitement intensif réalisé aux urgences ou à domicile pour un bronchospasme allergique ; une dyscrasie sanguine ou des convulsions n’entraînant pas une hospitalisation ; ou développement d’une dépendance médicamenteuse ou d’une surconsommation médicamenteuse ; ou tumeur maligne différente histologiquement du site de la tumeur primaire.

Autres événements à considérer comme graves

Exposition à un médicament pendant la grossesse/allaitement :

En général, la grossesse et l’allaitement sont des critères d’exclusion de l’étude. En cas de survenue d’une grossesse au cours de l’étude, la patiente doit être sortie de l’étude immédiatement. La patiente doit être suivie pendant toute sa grossesse et après la naissance. L’évolution pour la mère et l’enfant doit être notifiée même si elle est normale et sans survenue d’EIs.

Événements à ne pas considérer comme graves

La progression de la maladie ne doit pas être considérée comme un EIG.

Du fait de la gravité de la maladie dans cette étude, certaines conditions définies comme EIGs seront exclues de la procédure de déclaration d’un EIG, soit :

·         Hospitalisation ou chirurgie liées spécifiquement au traitement de la maladie.

·         Hospitalisation réalisée pour simplifier les traitement ou les procédures de l’étude.

 

Méthodes de recueil et d’évaluation des événements indésirables

Tous les EIs doivent être noté dans le cahier d'observation aux pages prévues à cet effet.

Les critères suivants doivent être enregistrés pour chaque événement dans le CRF :

·       Une description de l’EI selon la terminologie médicale standard, et non comme reportée par le patient.

·       La date et l’heure de début.

·       La date et l’heure de récupération.

·       Le grade évalué par l’investigateur selon les définitions du NCI-CTCAE, Version 3.0 (Annexe VIII):

.     Grade 1=léger

.     Grade 2=modéré

.     Grade 3=sévère

.     Grade 4=mise en jeu du pronostic vital

.     Grade 5=décès lié à l’EI < version 3.0>

·       La relation de causalité entre l’événement et le cetuximab ou d’autres agents médicamenteux, évaluée par l’investigateur ; les facteurs décisifs sont les critères chronologiques entre l’EI et le produit à l’essai.  Les jugements suivants de causalité du produit à l’étude ou des procédures de l’étude sont utilisés :

.       Non relié = Il n’y a pas de relation chronologique avec le produit à l’essai (trop tôt, trop tard, ou produit à l’étude non administré), ou il y a une relation causale tangible entre un autre produit, une maladie concomitante, ou une circonstance et l’EI. 

.       Douteux = Il y a une relation chronologique avec le produit à l’essai, mais il n’y a pas de relation causale tangible entre le produit à l’essai et l’EI.

.       Plausible = Il y a une relation causale tangible entre le produit à l’essai et l’EI. L’information concernant l’évolution de l’événement en cas d’interruption de traitement (« dechallenge ») est absente ou non claire.

.       Vraisemblable = Il y a une relation causale tangible entre le produit à l’essai et l’EI. L’événement disparaît à l’arrêt du traitement (« dechallenge »).

.       Certain/Défini = Il y a une relation causale tangible entre le produit à l’essai et l’EI. L’événement répond au « dechallenge », et se reproduit en cas de reprise du traitement (« rechallenge »).

·       Mesure entreprise concernant le cetuximab (aucune, arrêt du traitement, réduction de dose, délai de traitement, réduction de la vitesse de perfusion).

·       Autre action (aucune, administration de traitement concomitant, hospitalisation ou ré-hospitalisation, chirurgie, délai de chimiothérapie, arrêt de la chimiothérapie ou réduction de dose de la chimiothérapie).

·       Évolution en fonction des définitions suivantes :

.       Récupération avec séquelle.

.       Récupération sans séquelle.

.       En cours, sans traitement.

.       En cours, avec traitement.

.       Décès.

.       Modification de la sévérité/grade de la toxicité.

·       Grave: oui ou non.

En cas d’EIG, il doit être indiqué si l’EIG est un événement primordial (raison médicale principale).

Si un patient expérimente le même EI plusieurs fois, l’EI en question doit être documenté et vérifié à chaque fois.

 

8.1.    Définitions (garder seulement chapitre 8.3. ?)

8.1.1.   Événement grave

Tout événement dont l'évolution est fatale, ou qui est susceptible de mettre la vie en danger, ou qui entraîne une invalidité ou une incapacité, ou qui provoque une hospitalisation, ou une prolongation d'hospitalisation.

 

Une hospitalisation programmée préalablement à l'essai n'est pas un événement grave.

 

L'expression "susceptible de mettre la vie en danger" est réservée à une menace vitale immédiate, au moment de l'événement indésirable, et ce indépendamment des conséquences qu'aurait une thérapeutique correctrice ou palliative.

 

Les termes "invalidité" et "incapacité" correspondent à tout handicap cliniquement significatif, temporaire ou permanent.

 

Doit être considéré comme grave, toute anomalie congénitale.

 

Les décès, quelle que soit leur cause, y compris lorsqu'ils correspondent à une progression de la maladie traitée, sont considérés comme des événements graves.

8.1.2.   Evénement inattendu

Tout événement non mentionné ou différent de part sa nature, son intensité ou sa fréquence par rapport à la "brochure investigateur" ou au résumé des caractéristiques du produit pour les médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché.

8.1.3.   Critère d'intensité

Le critère d'intensité ne doit pas être confondu avec le critère de gravité.

II peut s'apprécier selon trois qualificatifs :

8.1.4.   Critère d'imputabilité

La relation de causalité entre l'événement d'une part et le traitement étudié d'autre part, sera appréciée selon les critères suivants :

 

L'investigateur devra également se prononcer sur la relation de causalité entre l'événement et la recherche dans sa globalité, par exemple événement lié à une absence de traitement, événement lié à un examen complémentaire demandé dans le cadre de la recherche.

8.2.    Recueil des données

Tout événement intercurrent, clinique ou biologique, grave ou non, qu'il soit ou non lié à la recherche, doit être noté dans le cahier d'observation aux pages prévues à cet effet.

 

L'investigateur notera, pour chaque événement :

·         sa description aussi clairement que possible selon la terminologie médicale standard,

8.3.    Conduite à tenir en cas d'événements graves

En cas de survenue d’un événement intercurrent grave, qu’il soit lié ou non à la recherche, l’investigateur doit en informer immédiatement :

 

le Pr JL LEFEBVRE (par téléphone : 03 20 29 59 54 ou 55 31, ou par fax : 03 20 29 59 61) ou

 

le Pr G CALAIS (par téléphone : 02.47.47.47.76, ou par fax 02.47.47.60.12) ou

 

le Dr F ROLLAND (par téléphone : 02.40.67.99.76, ou par fax  02.40.67.97 76)

 

et ce dans les 24 heures suivant sa constatation.

 

L’investigateur doit remplir le formulaire d’événement intercurrent (Annexe III) qui se trouve dans le cahier d’observation et l’adresser au responsable de l’étude dans les 5 jours.

 

Conformément à l'article L.209-12 de la Loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 et de ses textes subséquents et des recommandations relatives à la déclaration des événements graves susceptibles d'être dus à une recherche biomédicale menée sur un médicament ou un produit assimilé, le promoteur déclarera à l'Agence du Médicament les décès et les événements susceptibles de mettre la vie en danger, au plus tard dans les 7 jours calendaires consécutifs à la date à laquelle il a été informé, pour la première fois, et au plus tard, dans les 15 jours calendaires pour les autres cas. Le cas échéant, le CCPPRB sera également informé.

8.4     Précautions particulières concernant cetuximab

Les patients traités par Erbitux® doivent être surveillés par un médecin spécialiste en oncologie. L’utilisation de ce médicament chez des patientes enceintes ou allaitantes est contre-indiquée.  

 

Réactions allergiques et d’hypersensibilité

Les réactions de type allergie et/ou hypersensibilité peuvent survenir pendant ou au cours de la perfusion de cetuximab. Les patients doivent recevoir avant la perfusion de cetuximab une prémédication par un antihistaminique. Cette prémédication est recommandée lors des perfusions ultérieures.

 

Les patients inclus dans cette étude doivent être surveillés étroitement afin de pouvoir notifier à temps la survenue potentielle d’EI et un médecin apte à gérer une urgence médicale doit être présent du début de la perfusion de cetuximab jusqu’à au moins une heure après la fin de la perfusion. Le matériel de réanimation ainsi que les médicaments requis pour réanimer (épinéphrine, prednisolone ou équivalent, etc…) doivent être disponibles sur le lieu de traitement du patient. 

 

En cas de réaction allergique ou de réaction après perfusion de cetuximab, l’investigateur doit prendre en charge le patient en fonction des dernières thérapeutiques disponibles. Pour la modification de posologie de cetuximab, se référer à la section 6.3.2.

 

La survenue d’un grade 3 ou 4 de type allergie ou hypersensibilité entraîne l’interruption immédiate de la perfusion de cetuximab, la mise en route de traitements adaptés ainsi qu’un arrêt définitif du traitement. Les patients doivent être attentivement surveillés jusqu’à disparition complète de tout signe clinique ou symptôme. 

 

Dyspnée 

Une dyspnée peut survenir pendant ou peu après la perfusion de cetuximab dans le cadre d'une réaction d'hypersensibilité, mais a également été rapportée après plusieurs semaines de traitement, possiblement liée aux affections préexistantes. Les patients âgés avec un indice de performance diminué et des atteintes pulmonaires sous-jacentes peuvent présenter un risque augmenté de dyspnée, potentiellement sévère et/ou persistante.

 

Si les patients développent une dyspnée pendant le traitement, il est recommandé de rechercher des signes d'atteinte pulmonaire évolutive. De rares cas d'atteinte interstitielle pulmonaire ont été rapportés, sans lien de causalité évident avec le cetuximab.

 

Réactions cutanées

Les événements indésirables les plus fréquemment associés au cetuximab sont les réactions cutanées, en particulier l’éruption acnéiforme.

 

En cas de réaction cutanée de grade 3, le traitement par cetuximab doit être interrompu pendant une durée maximale de 14 jours. Le traitement ne peut être repris qu’après retour à un grade 2. Pour les modifications de posologie, se reporter à la section 6.3.2.

 

Lorsque l’épisode de toxicité cutanée de grade 3 est observé pour la quatrième fois ou s’il ne diminue pas à un grade 2 pendant l’interruption de traitement, un arrêt définitif du cetuximab est requis.

 

Pneumopathies interstitielles

Des cas de pneumopathies interstitielles sévères ont été notifiés chez des patients traités par une thérapie ciblant l’EGFR, le gefitinib (The Chemotherapy Source Book, 2001). A l’heure actuelle, aucune augmentation du risque de survenue d’une pneumopathie interstitielle n’a été observée avec le cetuximab. Cependant, par précaution, les patients doivent avoir une imagerie thoracique avant le début du traitement par cetuximab afin de documenter l’état pulmonaire initial.    

 

Si, à l’entrée de l’étude, il existe une symptomatologie respiratoire, l’investigateur devra réaliser des tests fonctionnels pulmonaires et tout le bilan diagnostic à la recherche de fibrose pulmonaire ou de pneumopathie interstitielle sous jacente.

 

De plus, les patients doivent être régulièrement interrogés sur d’éventuels signes pulmonaires au cours de l’étude. L’apparition ou l’aggravation de symptômes pulmonaires pendant ou après traitement par cetuximab doit faire l’objet d’une description détaillée et les investigateurs sont laissés libres quant à la mise en œuvre des bilans à réaliser afin d’établir un diagnostic précis.

 

Populations particulières 

Seuls des patients présentant des fonctions rénales et hépatiques adéquates ont fait l'objet d'investigations à ce jour (créatinine sérique £ 1,5 fois la limite supérieure de la normale, transaminases £ 5 fois la limite supérieure de la normale, bilirubine £ 1,5 fois la limite supérieure de la normale).

 

Le cetuximab n'a pas été étudié chez des patients présentant un ou plusieurs des résultats de laboratoire suivants :

     hémoglobine < 9 g/dl,    

     leucocytes < 3000/mm3,

     polynucléaires neutrophiles < 1500/mm3,

     plaquettes < 100 000/mm3.

 

Surdosage et intoxication avec le produit à l’étude

Il n’y pas de cas de patients traités par le cetuximab en monothérapie à des doses supérieures à 500 mg/m² de surface corporelle dans les études cliniques. Tout cas de surdosage survenant au cours de l’étude doit être considéré comme un EIG.

 

9.       Arrêt de traitement

 

Sorties d'essai protocolaires :

 

10.     CALENDRIER DE L'ESSAI

 

Date de début des inclusions : juin 2005.

Date de fin des inclusions : juin 2007.

Date de fin de l'essai : mars 2008 (objectif principal) et juin 2008 (objectif secondaire).

11.     METHODOLOGIE STATISTIQUE

11.1.  Choix du nombre de patients

Le calcul du nombre de sujets est basé sur un plan de Fleming en une seule étape en prenant comme critère d’évaluation le pourcentage de préservation laryngée à 3 mois qui constitue l’objectif principal de l’étude. Les conditions de calcul ont été fixées comme suit :

 

.            P0 = 60% (taux de préservation laryngée en dessous duquel le traitement ne présente pas d’intérêt)

.            P1 = 80% (taux attendu, à partir duquel le traitement mérite des études complémentaires de type phase III)

.            a = 5% (risque de première espèce)

.            b = 10% (risque de seconde espèce)

.            1 - b = 90% (puissance statistique)

 

Dans ces conditions, le nombre de patients à inclure par groupe de randomisation est de 43 patients, et l’essai sera considéré comme concluant si le nombre de réponses atteint ou dépasse 32 patients.

 

Par ailleurs, on estime que le taux de réponses ³ 50% après les 3 cures de chimiothérapie d’induction par le TPF sera de l’ordre de 55 %. Il faudra donc inclure 78 patients pour obtenir 43 patients par groupe de randomisation.

 

Le nombre total maximum de patients à inclure dans l’étude est donc de 156 patients.

11.2.  Description des populations étudiées

11.2.1. Population décrite à l'inclusion

La description de la population portera sur :

11.2.2. Population d’analyse du critère principal

Le taux de préservation laryngée sera estimé sur :

·         la population dite en intention de traiter : cette population porte sur l’ensemble des patients ayant reçu au moins deux cures de chimiothérapie,

 

Le temps jusqu’à progression et la survie seront analysés sur la population dite en intention de traiter et per-protocole.

11.2.3. Population d’analyse des critères secondaires

La tolérance sera étudiée par cycle et par patient. L’analyse par patient portera sur la totalité des patients ayant reçu au moins une cure de chimiothérapie.

11.3.  Méthodologie statistique

A compléter : simple description de la qualité de vie

12.     ASPECTS ADMINISTRATIFS ET REGLEMENTAIRES

12.1   Considérations éthiques et légales

12.1.1 Déclaration d'Helsinki, loi Huriet

L'essai sera mené avec une attention particulière, en accord avec la déclaration d'Helsinki, version Somerset West, Afrique du Sud, 1996 (Annexe VI), la loi HURIET (20 décembre 1988) et les Bonnes Pratiques Cliniques (BPC).

12.1.2 Comité de Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale

Un avis favorable doit être obtenu, avant le début de l'essai, auprès d'un Comité de Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale (CCPPRB - Annexe IV) constitué selon les règles. Le Comité fera connaître par écrit son avis au coordonnateur. Une copie de l'avis sera transmise au promoteur qui la transmettra aux investigateurs et aux Directeurs des centres.

12.1.3 Déclaration d'intention (JLL à Merck : voir la réglementation européenne)- respecter la Nouvelle Directive : à savoir enregistrement Base Eudract

Le promoteur informera légalement de l'essai l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) de son intention de mise en route de l'essai et des centres participants, après avoir obtenu l'approbation du CCPPRB. En l’absence d’un avis contraire de l’AFSSAPS donné dans les deux mois, la mise en route de l’essai est autorisée, celui-ci étant enregistré à l’Agence.

12.1.4  Consentement écrit

L'investigateur a la responsabilité de s'assurer que chaque patient donne bien son consentement écrit pour participer à l'essai. L'investigateur expliquera au patient la nature de l'essai, son but, sa méthodologie, la durée prévue ainsi que les bénéfices attendus, les contraintes et les possibles inconvénients. Une "information patient" sera fournie à chaque patient sur la même feuille que le consentement (annexe II).

 

Les patients seront informés de l'anonymat et de leurs droits de protection sur leur vie privée, mais seront conscients du fait que les données de l'essai seront soumises au promoteur ainsi qu'aux Autorités de tutelle pour examen et évaluation. Les patients auront l'opportunité de poser des questions et seront informés de leur droit de se retirer de l'essai, à tout moment, sans encourir aucune responsabilité. Après ces explications, le patient signera volontairement le document "Consentement Patient".

 

L'investigateur donnera à signer le consentement éclairé, en 3 exemplaires ; il conservera l'original, donnera une copie au patient et fournira une copie au promoteur, sous enveloppe scellée pour garantir l'anonymat du patient.

12.1.5. Responsabilité et compensation en cas de préjudice

Le promoteur a souscrit une assurance garantissant sa responsabilité civile et celle de chaque investigateur.

 

Le promoteur assume l'indemnisation des conséquences dommageables de la recherche pour la personne qui s'y prête, dues à l'application exacte du protocole, sans que puisse être opposé le fait d'un tiers ou le retrait volontaire de la personne qui avait initialement consenti à se prêter à la recherche.

 

Une attestation nominative est remise à l'investigateur, lors de la visite de mise en place.

 

Un spécimen mentionnant le titre et le code de l'étude est annexé à ce protocole (Annexe V).

12.2.    Monitoring

Le moniteur (JLL à tous : le coordinateur ou le promoteur, à mon avis ?) à mon avis, le Promoteur - de cet essai s'assurera auprès des co-investigateurs de la bonne compréhension du protocole et les réunira quand nécessaire.

 

Le promoteur (JLL à tous ; le promoteur, à mon avis ?oui ) avertira par courrier les directeurs des centres de la mise en place de l'essai et leur adressera tous les documents nécessaires : copies du résumé du protocole, de l'avis du CCPPRB et de la déclaration d'intention à l'Agence du Médicament de même qu'une copie de l'attestation d'assurance.

 

Le moniteur (JLL à tous ; OK pour le moniteur) devra vérifier la conformité aux dossiers sources des patients, les registres de comptabilisation des médicaments et l'archivage des documents (dossier investigateur). En outre, le moniteur devra vérifier le respect du protocole et discutera tout problème avec l'investigateur.

 

L'investigateur devra consacrer le temps nécessaire à ces visites. Il doit également veiller à ce que le moniteur ait libre accès aux documents sources (c'est-à-dire dossier clinique du patient), examens biologique et radiologique originaux, carnet de rendez-vous, ...) qui viennent étayer les données contenues dans le cahier d'observation.

12.3. Obligations du promoteur

12.3.1. Avant la mise en place de l’essai

Le promoteur doit fournir à l'investigateur les documents suivants :

 

Il doit également informer le Directeur, le pharmacien responsable de la pharmacie à usage intérieur et, le cas échéant, le responsable de l’unité de recherche clinique de l’institution. JLL à tous : ne doit-on pas faire état de la convention avec le directeur ? à mon avis, non – pas obligatoire dans le protocole.

 

12.3.2. En cours d’essai

Le promoteur fournira à l'investigateur toute information nouvelle susceptible d'interférer dans la conduite de l'essai et toute mise à jour des pré-requis.

 

12.3.3. Au terme de l’essai

Il incombe au promoteur de veiller à l'exécution des procédures de fin d'essai et de s'assurer de la restitution de la totalité du matériel non utilisé.

 

Le promoteur communiquera au coordonnateur les résultats provisoires de l'essai, pour examen et approbation, puis le rapport définitif.

12.4. Obligations de l’investigateur

L'investigateur s'engage à mener l'étude dans le respect de la déclaration d'Helsinki version 1974, révisée en 1975, en 1983 en 1989, et en 1996 (Annexe VI) des BPC et de la loi du 20/12/1988.

 

Concernant cette dernière, l'investigateur s'engage à recueillir de chaque patient entrant dans l'essai son consentement éclairé par écrit (Annexe II). Un exemplaire est destiné au patient, l'original à l'investigateur, le dernier exemplaire sera cacheté et conservé par le promoteur.

 

L'investigateur s'engage en outre à :

12.5.    Procédures d’amendements et d’avenants

Toute modification mineure du protocole en cours d'étude sera adressée à chaque investigateur, avec son accord a priori, sous forme d'un avenant. Le Comité de Protection des Personnes en sera informé.

 

Toute modification majeure devra faire l'objet d'un amendement soumis au Comité de Protection des Personnes. La modification ne pourra intervenir qu'après accord de ce Comité.

12.6.    Contrôle de qualité

 Un contrôle de qualité est prévu pour cette étude.

12.6.1. Contrôle de qualité en chirurgie

Le comité chargé de ce contrôle aura à vérifier sur les dossiers source :

·         l’organisation de la prise en charge diagnostique du patient (délai première consultation-décision thérapeutique, délai décision thérapeutique-randomisation, délai randomisation-mise en route du traitement),

·         la programmation et la réalisation de l’endoscopie (programmation par rapport à l’imagerie, modalités techniques, qualité du compte-rendu, schéma, TNM, dossier anesthésique, dossier infirmier),

·         l’éventuelle programmation de la chirurgie (information au patient, modalités techniques, qualité du compte-rendu opératoire avec précision des structures réséquées/conservées et des aires ganglionnaires évidées, limites d’exérèse et nombre de ganglions réséqués, dossier anesthésique, dossier infirmier, rééducation post-opératoire, suites opératoires).

 

12.6.2. Contrôle de qualité en radiothérapie

Le comité chargé de ce contrôle aura à vérifier sur les dossiers source :

·         la préparation bucco-dentaire….

·         la simulation et la dosimétrie…

·         etc … Avis Gilles, Etienne et Jean

 

12.6.3. Contrôle de qualité en chimiothérapie

Le comité chargé de ce contrôle aura à vérifier sur les dossiers source :

·         les bilans biologiques et les adaptations de dose,

·         les schémas d’administration (horaires, durées, modalités, doses)…

·         Etc… Avis Frédéric

 

12.6.4. Contrôle de qualité en imagerie

Le comité chargé de ce contrôle aura à vérifier sur les dossiers source :

·         sur les clichés de départ les critères d’inclusion,

·         sur les clichés après chimiothérapie l’évaluation du pourcentage de régression tumorale,

·         sur les clichés après radiothérapie l’évaluation de l’éventuel volume résiduel.

12.7.    Arrêt prématuré de l’étude

Tout arrêt de l'étude sera justifié par écrit par le coordonnateur et déclaré par courrier à l'Agence du Médicament. Le promoteur récupérera le matériel et les unités de traitement non utilisés.

12.8.    Clauses de publication

A la fin de l'essai, un rapport sera rédigé par le coordonnateur. Aucune publication ou présentation des résultats de cet essai ne pourra être effectué sans l'accord des investigateurs et des coordonnateurs. Si cet essai donne lieu à une publication, chaque investigateur peut être auteur dans un ordre déterminé par le nombre de patients inclus évaluables. Toute publication fera l’objet d’une information auprès du Laboratoire Merck, du GETTEC et du GORTEC. Toute publication mentionnera qu’il s’agit d’une étude GETTEC/GORTEC et fera apparaître le sponsor industriel.

 

12.9          Clause de confidentialité

La protocole et ses annexes ainsi que toutes les données sont confidentiels comme cela est notifié eu début du protocole.

 

 


 

13.     BIBLIOGRAPHIE

 

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28.  AIROLDI M, MARCHINATTI S, PEDANI F, et al. Docetaxel (TXT) + vinorelbine (VNB) in recurrent heavily pre-treated head and neck cancer (HNC) patients (pts). Proc Am Soc Clin Oncol 1999; Abstract 1554

29.  MEL JR, RODRIGUEZ R, CONSTENLA M, et al. A phase II study of docetaxel and cisplatin as induction chemotherapy in locally advanced squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN): Preliminary results. Proc Am Soc Clin Oncol 1999; Abstract 1549

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31.  COLEVAS AD, NORRIS CM, TISHLER MP, et al. A phase II study of docetaxel, cisplatin, fluorouracil, and leucovorin as induction for squamous cell carcinoma of the head and neck.  J Clin Oncol 1999; 17:3503-11

32.  NORRIS CM, POSNER MR, TISHLER RB, et al. Phase I study of outpatient docetaxel (Taxotere®), cisplatin, fluorouracil, 5-FU, and leucovorin (OP-TPFL) as induction chemotherapy for patients with squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN). Proc Am Soc Clin Oncol 1999; 18: Abstract 1536

33.  POSNER MR, GLISSON B, AL-SARRAF M, et al. A multicentric phase II study of induction chemotherapy with Taxotere® (T), cisplatinum (P), and 5-fluorouracil (F) (TPF) for curative locally advanced squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN). Proc Am Soc Clin Oncol 1999; 18: Abstract 1523.

34.  SCHRIJVERS D, VAN HERPEN C, KERGER J, et al. Phase I-II study with docetaxel (D), cisplatin (C), and 5-fluorouracil (5-FU) in patients with locally advanced inoperable squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN). Proc Am Soc Clin Oncol 1999; 18: Abstract 1524

35.  TISHLER RB, POSNER MR, COLEVAS AD, et al. Phase I study of concurrent Taxotere/Radiation (TRT) after induction chemotherapy in patients with squamous cell carcinoma of the head and neck. Proc Am Soc Clin Oncol 1999; 18: Abstract 1547

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56.  BASELGA J, TRIGO JM, BOURHIS J, et al. Cetuximab (C225) plus cisplatin/carboplatin is active in patients with recurrent/metastatic squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN) progressing on the same dose and schedule platinum-based regimen. Proc Am Soc Clin Oncol 2002; 21: Abstract 900

57.  KIES MS, ARQUETTE MA, NABELL L, et al. Final report of the efficacy and safety of the anti-epidermal growth factor antibody Erbitux (IMCC225) in combination with cisplatin in patients with recurrent squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN) refractory to cisplatin containing chemotherapy. Proc Am Soc Clin Oncol 2002; 21: Abstract 925

58.  CHAN ATC, HSU MM, GOH BC, et al. Results of a phase II study of cetuximab (C225) in combination with carboplatin in patients with recurrent or metastatic nasopharyngeal carcinoma (NPC) who failed to a platinum-based chemotherapy. Eur J Cancer 2003; 1 (Suppl 5): S203 (abstr 677)

59.  BURTNESS BA, LI Y, FLOOD W, et al. Phase III trial comparing cisplatin (C) + placebo (p) to C + anti-epidermal growth factor antibody (EGF-R) C225 in patients with metastatic/recurrent head and neck cancer. Proc Am Soc Clin Oncol 2002; 21: Abstract 901

60.  BOURHIS J, RIVERA F, MESLA R, et al. Phase I study of ERBITUX (cetuximab, C225) in combination with cisplatin or carboplatin and 5-Fluorouracil in patients with recurrent and/or metastatic squamous cell carcinoma of the head and neck. Eur J Cancer Supplements 2003; 1: Abstract 97

61.  HUMBLET Y, VEGA-VILLEGAS E, MESIA R, et al. Phase I study of cetuximab in combination with cisplatin or carboplatin and 5-fluorouracil (5-FU) in patients (pts) with recurrent and/or metastatic squamous cell carcinoma of the head and neck. Proc Am Soc Clin Oncol 2004; 23: Abstract 5513

62.  TRIGO J, HITT R, KORALEWSKI P, et al. Cetuximab monotherapy is active in patients (pts) with platinum-refractory recurrent/metastatic squamous cell carcinoma of the head and neck (SCCHN): Results of a phase II study. Proc Am Soc Clin Oncol 2004; 23: Abstract 5502

 


ANNEXES AU PROTOCOLE

 

 

 

ANNEXE I :       Investigateurs et structures administratives de l’étude.

ANNEXE II :      Lettre d’information aux patients et formulaire de consentement éclairé.

ANNEXE III :     Formulaire de déclaration des événements indésirables.

ANNEXE IV :     Avis du CCPPRB.

ANNEXE V :      Attestation d’assurance.

ANNEXE VI :     Déclaration d’Helsinki.

ANNEXE VII :    Cotation des événements indésirables selon les critères NCI-CTCAE (Version 3.0) (?)

ANNEXE VIII :   Cotation des événements indésirables de la radiothérapie selon les critères EORTC/RTOG.

ANNEXE IX :    « Performance status » selon la classification de Karnofsky et l’échelle de l’OMS.

ANNEXE X :     Guide de préparation du docétaxel (TAXOTERE®).

ANNEXE XI :    Guide de préparation du cetuximab (ERBITUX®).

ANNEXE XII :   Questionnaire de qualité de vie

 

 


 

ANNEXE I.

Investigateurs et structures administratives de l’étude.

 

Promoteur    

Cette étude de phase II randomisée est mise en place par le Groupe d'Oncologie Radiothérapie Tête et Cou (GORTEC), adresse, France et conduite dans 12 centres d’études situés en France.

Coordinateurs et investigateurs

Le coordonnateur de l’étude et investigateur principal est le Professeur Jean Louis LEFEBVRE, Centre Oscar Lambret, Lille, France.

 

Les co-coordinateurs de l’étude sont : Professeur G. CALAIS, CHU de Tours, Hôpital Bretonneau, Tours, France et Docteur F. ROLLAND, Centre René Gauducheau, Nantes, France.

 

La liste des coordonnateurs et investigateurs est la suivante :

 

Centre n° 1 :

Investigateur principal - coordonnateur

 

 

 

Co-investigateurs

Pr J.L. LEFEBVRE

Centre Oscar Lambret

3, rue Combemale

59020 LILLE (cedex)

tél : 03.20.29.59.54 (55.31) - fax : 03.20.29.59.61

Pr E. LARTIGAU, Dr M. DEGARDIN

Centre Oscar Lambret, LILLE

Centre n° 2 :

Investigateur, co-coordinateur

Pr G. CALAIS

CHU de Tours, Hôpital Bretonneau

2 Boulevard Tonnellé

37044 TOURS

tél : 02.47.47.47.76 - fax : 02.47.47.60.12

Centre n° 3

Investigateur, co-coordinateur

 

 

 

Co-investigateurs

Dr F. ROLLAND

Centre René Gauducheau

Boulevard Jacques Monod

44805 NANTES SAINT HERBAIN cedex

tél : 02.40.67.99.76 - fax : 02.40.67.97 76

Pr C. BEAUVILLAIN de MONTREUIL

CHU Hotel Dieu, NANTES

Dr E. BARDET

Centre René Gauducheau, NANTES

Centre n° 4 :

Investigateurs

Pr D. CHEVALIER

CHU Huriez et Centre Oscar Lambret

59000 LILLE

Centre n° 5 :

Investigateurs

Dr D. de RAUCOURT et

Centre François Baclesse

14076 CAEN

Centre n° 6 :

Investigateurs

Pr D. DEHESDIN

CHU Charles Nicolle

ROUEN

Centre n° 7 :

Investigateurs

Pr F. DEMARD et Dr R.J. BENSADOUN

Centre Antoine Lacassagne
06189 NICE

Centre n° 7 :

Investigateurs

Pr P. MARANDAS et Pr J. BOURHIS

Institut Gustave-Roussy

94805 VILLEJUIF

Centre n° 8 :

Investigateurs

AVIGNON

Centre n°9 :

Investigateurs

ANGERS

Centre n° 10 :

Investigateurs

LORIENT

Centre n° 11 :

Investigateurs

TOULOUSE Dr Jean-Pierre Delord

Institut Claudius Regaud

Centre n° 12 :

Investigateurs

?

 

Monitoring, data management et statistiques

Le monitoring de l’étude sera assuré par

La saisie et la validation des données seront réalisées par

Le plan et l’analyse statistique des données seront réalisés par

Le rapport clinique de l’étude sera rédigé par le coordonnateur de l’étude.

Les données de tolérance seront suivies par un comité de surveillance composé d’experts indépendants.

Unités thérapeutiques

Merck KGaA (Darmstadt, Allemagne) fournira le cetuximab (ERBITUX®).

Sanofi-Aventis (Paris, France) fournira le docétaxel (TAXOTEREÒ).

Les autres médicaments anticancéreux, cisplatine, 5-fluorouracile seront fournis par les centres d’études sous leur forme commerciale. 

 


 

ANNEXE II.

Lettre d'information aux patients et formulaire

de consentement éclairé


 

PRESERVATION LARYNGEE PAR UNE CHIMIOTHERAPIE D’INDUCTION ASSOCIANT

LE CISPLATINE, LE 5-FLUOROURACILE ET LE DOCETAXEL (TPF)

SUIVIE DE RADIOTHERAPIE ASSOCIEE SOIT AU CISPLATINE SOIT AU CETUXIMAB

POUR LES CARCINOME EPIDERMOIDES PHARYNGO-LARYNGES.

ETUDE DE PHASE II RANDOMISEE.

 

ESSAI TREMPLIN

 

NOTICE D'INFORMATION AU PATIENT

 

Madame, Monsieur,

 

Cette fiche est faite pour vous donner des informations sur les traitements que vous allez recevoir. Malgré le soin apporté à son élaboration, il est possible qu'elle ne réponde pas complètement à votre attente. Dans ce cas, n'hésitez pas à poser toutes les questions que vous souhaitez au médecin qui vous prend en charge,

Le Docteur .............................................................

Téléphone : .............................................

 

Vous présentez une tumeur (cancer) de la gorge pour laquelle le traitement habituel est la chirurgie qui consiste en l’ablation de la totalité du larynx.

·         On sait depuis quelques années que si on débute le traitement de votre maladie par une chimiothérapie première (médicaments en perfusion), et que si celle ci permet d’obtenir une diminution importante de la taille de la tumeur, on peut alors éviter l’ablation du larynx et traiter votre tumeur par radiothérapie (traitement par les rayons). Cette option ne peut être valablement retenue que si la régression de la tumeur est pratiquement complète avec la chimiothérapie.

·         On sait également que si on associe certains médicaments à cette radiothérapie (chimio-radiothérapie), ses effets sont renforcés.

 

La chimiothérapie première habituellement utilisée était une association de 2 médicaments (le cisplatine et le fluorouracile). Ce traitement a été utilisé depuis plus de 15 ans et a permis d’obtenir une régression complète de la tumeur dans environ 40 % des cas. Le docétaxel ou TaxotèreÒ est un nouveau médicament anticancéreux utilisé pour le traitement de différents types de tumeurs. Plusieurs études ont montré qu’il était aussi efficace dans le traitement des cancers de la gorge et qu’en l’associant aux deux autres médicaments, la chimiothérapie première est plus efficace.

 

La chimio-radiothérapie peut associer à la radiothérapie soit un médicament qui détruit les cellules (cisplatine) soit un médicament qui empêche les cellules cancéreuses de se multiplier (le cetuximab ou ErbituxÒ est un de ces médicaments).

 

Nous vous proposons de participer à une étude qui a pour but de comparer 2 modalités différentes de préservation laryngée :

Le but de cette étude est de chercher le traitement qui évite dans le plus grand nombre de cas d’enlever le larynx et qui est le mieux supporté.

 

La chimiothérapie est administrée par voie veineuse en perfusion. Il est souvent nécessaire avant de débuter la chimiothérapie de mettre en place un dispositif (que l’on appelle site veineux implantable) dans une grosse veine située sous la clavicule qui permet d’administrer cette chimiothérapie sans abîmer les veines du bras.

 

La chimiothérapie peut provoquer des effets secondaires transitoires pendant le traitement : fatigue, troubles digestifs à type de nausées ou vomissements, aphtes dans la bouche, troubles rénaux, baisse des globules qui seront contrôlés par une prise de sang hebdomadaire. Vous présenterez aussi très souvent une perte de cheveux mais ceux-ci repousseront après le traitement. De rares réactions allergiques peuvent survenir. Si vous recevez de l’ErbituxÒ vous présenterez aussi une poussée d’acné (« boutons » sur la figure et sur les épaules) qui disparaîtra après le traitement.

 

A l’issue des 3 cures de chimiothérapie première, un examen sous anesthésie générale (endoscopie) et un scanner seront faits pour évaluer la réduction de taille de la tumeur. Le traitement complémentaire, indispensable, comportera soit une radiothérapie soit un traitement chirurgical (ablation du larynx) en fonction de l’importance de la réduction de taille de la tumeur après cette chimiothérapie.

 

A l’issue de la chimio-radiothérapie, un examen sous anesthésie générale (endoscopie) et un scanner seront faits pour s’assurer qu’il ne reste pas de tumeur. S’il en reste il faudra vous opérer (ablation du larynx).

 

Ces traitements ont montré leur efficacité, nous explorons leurs avantages respectifs, sans que l'on puisse dire à priori lequel est le plus satisfaisant. L’une ou l’autre de ces modalités de traitement vous sera proposée de façon aléatoire (tirage au sort).

 

Le Comité Consultatif de Protection des Personnes dans la Recherche Biomédicale du Centre Hospitalier Universitaire de Lille a pour mission de vérifier que les conditions requises pour votre protection et que vos droits ont été respectées conformément à la loi 88-1138 du 20 décembre 1988 modifiée. Ce comité a émis un avis favorable à la réalisation sans restriction de ce protocole, lors de sa séance ….

 

Votre participation est volontaire et toutes les informations concernant votre dossier médical sont bien entendues confidentielles, dans le respect de la loi 78-17 du 6 Janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

 

Vous pouvez accepter, refuser, changer d'avis et retirer votre consentement à tout moment, sans que cela ne modifie en rien vos relations avec votre médecin ni la prise en charge thérapeutique à laquelle vous pouvez prétendre.

 

Après avoir lu cette fiche d'information et, au besoin posé les questions que vous souhaitez à votre médecin, nous vous demandons de bien vouloir dater et signer le formulaire de consentement ci-joint. Vous pouvez demander un délai de réflexion maximum de 7 jours (Loi 88-1138 du 20 décembre 1988 modifiée).


 

PRESERVATION LARYNGEE PAR UNE CHIMIOTHERAPIE D’INDUCTION ASSOCIANT

LE CISPLATINE, LE 5-FLUOROURACILE ET LE DOCETAXEL (TPF)

SUIVIE DE RADIOTHERAPIE ASSOCIEE SOIT AU CISPLATINE SOIT AU CETUXIMAB

POUR LES CARCINOME EPIDERMOIDES PHARYNGO-LARYNGES.

ETUDE DE PHASE II RANDOMISEE.

 

ESSAI TREMPLIN

 

FORMULAIRE DE CONSENTEMENT

 

Je soussigné(e).......................................................................................................................

demeurant à.....................................................................................................................

 

Accepte en connaissance de cause et en toute liberté de participer à une étude dont le but est de comparer 2 modalités de traitement par chimiothérapie et radiothérapie pour tenter d’éviter d’enlever le larynx.

 

Je sais que je peux refuser à tout moment de participer à cette étude sans préjudice d'aucune sorte.

 

L’objectif, les conditions de réalisation du protocole m’ont été indiqués dans le document intitulé « information au patient » qui m’a été remis par :

 

le Docteur ........................................................ tél n°.......................................................

 

J'ai pris connaissance que cette étude, au terme de la loi du 20 décembre 1988, a été acceptée par le Comité de Protection des Personnes se soumettant à la Recherche Biomédicale du CHU de Lille et qu'une assurance a été souscrite.

 

Fait à ..........................................,

 

Date : …………………………...                               Date : ………………………………

Nom  du patient :..........................                             Nom du Médecin :............................

Signature du patient                                                  Signature du médecin


 

ANNEXE III.

Formulaire de déclaration des événements indésirables

DECLARATION D'EVENEMENT INDESIRABLE GRAVE

 

I - INFORMATION SUR L'EVENEMENT

 

1. Ref patient

1a ;

Pays

2. Date de naissance

2a. Age

3 ; Sexe

4-6. Début événement

8-12. Cochez les cases appropriées (événement grave)

 

o... décès

¨ ... susceptible de mettre la vie en danger

¨... invalidité ou incapacité

¨ ... hospitalisation ou prolongation d'hospitalier

¨.. autre, préciser

 

 

France

 

j

 

m

a

 

 

j

 

m

a

7-13. Décrire l’événement (y compris les éventuels examens et/ou résultats de laboratoire)

 

 

 

 

 

II - INFORMATION SUR LE (S) MEDICAMENT (S) SUSPECT (S)

 

14. Médicaments(s) suspect(s)

15.    Posologie

16.    Voie d’administration 

 

 

 

20. Disparition de l' événement après arrêt du traitement ?

 

¨ OUI    ¨ NON    ¨... S.O

 

 

21. Ré-apparition de l’événement après réintroduction ?

 

 ¨ OUI   ¨ NON    ¨... S.O

S O (= sans objet)

 

17. Indication thérapeutique

 

 

18. Date du traitement

 

du +-+/+-+/+-+ au +-+/+-+/+-+

19. Durée du traitement

Médicament administré : le code a t'il été levé ?

¨ Oui , résultat : ......................................... ¨ Non            ¨... Sans  Objet

 

III  MEDICAMENT (S) ASSOCIE (S) ET ANTECEDENTS

 

22. Médicaments(s) associé(s) et dates d’administration (à l'exclusion de ceux utilisés pour traiter l'événement observé)

 

 

 

23. Antécédents pertinents (par ex : maladies, allergies, grossesse avec date des dernières règles).

 

 

 


IV - INFORMATION SUR LE PROMOTEUR

 

24a. Nom et adresse du promoteur

 

 

24b. Numéro d’identification de l’événement par le promoteur :    

 

24c. date de réception par le promoteur

 

 

24d. Origine du rapport :

       

¨ Recherche biomédicale

¨ étude  

¨ littérature       

¨profession de santé

¨ autre

 

le cas échéant , références de l'investigateur : centre n°

24e. date de ce rapport

25a. Type de rapport :

 ¨ initial  

 ¨   suivi n° ______

 

 

V  - CONCLUSIONS

 

Selon l'investigateur , l'événement indésirable semble plutôt lié :

¨  au médicament évalué

¨   au protocole de l'essai

¨   autre, préciser :

Selon le promoteur , l'événement indésirable semble plutôt lié :

¨  au médicament évalué* (voir case ci-dessous)

¨   au protocole de l'essai

¨   autre, préciser :

*Si selon le promoteur, l'événement indésirable paraît plutôt lié au médicament évalué :

¨   l'événement indésirable est attendu                          ¨ l'événement indésirable est inattendu

Commentaires du promoteur

 

 

 

 

                                                          

 

 

 

 

 

 

 


 

ANNEXE IV.

Avis du CCPPRB


 

ANNEXE V.

Attestation d'assurance


 

ANNEXE VI.

Déclaration d'Helsinki

WORLD MEDICAL ASSOCIATION DECLARATION OF HELSINKI (en français ?)

 

Recommendations guiding physicians in biomedical research involving human subjects

Adopted by the 18th World Medical Assembly, Helsinki, Finland, June 1964

and amended by the

29th World Medical Assembly, Tokyo, Japan, October 1975,

35th World Medical Assembly, Venice, Italy, October 1983

41st World Medical Assembly, Hong‑Kong, September 1989

and the

48th General Assembly, Somerset West, Republic of South Africa, October 1996

 

INTRODUCTION

 

It is the mission of the physician to safeguard the health of the people. His or her knowledge and conscience are dedicated to the fulfillment of this mission.

 

The Declaration of Geneva of the World Medical Association binds the physician with the words, "The health of my patient will be my first consideration," and the International Code of Medical Ethics declares that, "A physician shall act only in the patient's interest when providing medical care which might have the effect of weakening the physical and mental condition of the patient".

 

The purpose of biomedical research involving human subjects must be to improve diagnostic, therapeutic and prophylactic procedures and the understanding of the etiology and pathogenesis of disease.

 

In current medical practice most diagnostic, therapeutic or prophylactic procedures involve hazards. This applies especially to biomedical research.

 

Medical progress is based on research which ultimately must rest in part on experimentation involving human subjects.

 

In the field of biomedical research a fundamental distinction must be recognized between medical research in which the aim is essentially diagnostic or therapeutic for a patient, and medical research, the essential object of which is purely scientific and without implying direct diagnostic or therapeutic value to the person subjected to the research.

 

Special caution must be exercised in the conduct of research which may affect the environment, and the welfare of animals used for research must be respected.

 

Because it is essential that the results of laboratory experiments be applied to human beings to further scientific knowledge and to help suffering humanity, the World Medical Association has prepared the following recommendations as a guide to every physician in biomedical research involving human subjects. They should be kept under review in the future. It must be stressed that the standards as drafted are only a guide to physicians all over the world. Physicians are not relieved from criminal, civil and ethical responsibilities under the laws of their own countries.


Annexe V (suite 2)

 

I ‑         BASIC PRINCIPLES

 

1       Biomedical research involving human subjects must conform to generally accepted scientific principles and should be based on adequately performed laboratory and animal experimentation and on a thorough knowledge of the scientific literature.

 

2        The design and performance of each experimental procedure involving human subjects should be clearly formulated in an experimental protocol which should be transmitted for consideration, comment and guidance to a specially appointed committee independent of the investigator and the sponsor provided that this independent committee is in conformity with the laws and regulations of the country in which the research experiment is performed.

 

3 ‑        Biomedical research involving human subjects should be conducted only by scientifically qualified persons and under the supervision of a clinically competent medical person. The responsibility for the human subject must always rest with a medically qualified person and never rest on the subject of the research, even though the subject has given his or her consent.

 

4       Biomedical research involving human subjects cannot legitimately be carried out unless the importance of the objective is in proportion to the inherent risk to the subject.

 

5        Every biomedical research project involving human subjects should be preceded by careful assessment of predictable risks in comparison with foreseeable benefits to the subject or to others. Concern for the interests of the subject must always prevail over the interests of science and society.

 

6       The right of the research subject to safeguard his or her integrity must always be respected. Every precaution should be taken to respect the privacy of the subject and to minimize the impact of the study on the subject's physical and mental integrity and on the personality of the subject.

 

7       Physicians should abstain from engaging in research projects involving human subjects unless they are satisfied that the hazards involved are believed to be predictable. Physicians should cease any investigation if the hazards are found to outweigh the potential benefits.

 

8       In publication of the results of his or her research, the physician is obliged to preserve the accuracy of the results. Reports of experimentation not in accordance with the principles laid down in this Declaration should not be accepted for publication.

 

9       In any research on human beings, each potential subject must be adequately informed of the aims, methods, anticipated benefits and potential hazards of the study and the discomfort it may entail. He or she should be informed that he or she is at liberty to abstain from participation in the study and that he or she is free to withdraw his or her consent to participation at any time. The physician should then obtain the subject's freely‑given informed consent, preferably in writing.

 

10      When obtaining informed consent for the research project the physician should be particularly cautious if the subject is in a dependent relationship to him or her or may consent under duress. In that case the informed consent should be obtained by a physician who is not engaged in the investigation and who is completely independent of this official relationship.

 


Annexe VI (suite 3)

 

11      In case of legal incompetence, informed consent should be obtained from the legal guardian in accordance with national legislation. Where physical or mental incapacity makes it impossible to obtain informed consent, or when the subject is a minor, permission from the responsible relative replaces that of the subject in accordance with national legislation.

 

Whenever the minor child is in fact able to give a consent, the minor's consent must be obtained in addition to the consent of the minor's legal guardian.

 

12     The research protocol should always contain a statement of the ethical considerations involved and should indicate that the principles enunciated in the present Declaration are complied with.

 

II ‑        MEDICAL RESEARCH COMBINED WITH PROFESSIONAL CARE

            (Clinical research)

 

1       In the treatment of the sick person, the physician must be free to use a new diagnostic and therapeutic measure, if in his or her judgment it offers hope of saving life, reestablishing health or alleviating suffering.

 

2 ‑        The potential benefits, hazards and discomfort of a new method should be weighed against the advantages of the best current diagnostic and therapeutic methods.

 

3       In any medical study, every patient ‑ including those of a control group, if any ‑ should be assured of the best proven diagnostic and therapeutic method. This does not exclude the use of inert placebo in studies where no proven diagnostic or therapeutic method exists.

 

4        The refusal of the patient to participate in a study must never interfere with the physician‑patient relationship.

 

5       If the physician considers it essential not to obtain informed consent, the specific reasons for this proposal should be stated in the experimental protocol for transmission to the independent Committee (I, 2).

 

6       The physician can combine medical research with professional care, the objective being the acquisition of new medical knowledge, only to the extent that medical research is justified by its potential diagnostic or therapeutic value for the patient.

 

III ‑       NON‑THERAPEUTIC BIOMEDICAL RESEARCH INVOLVING HUMAN SUBJECTS

            (Non‑clinical biomedical research)

 

1        In the purely scientific application of medical research carried out on a human being, it is the duty of the physician to remain the protector of the life and health of that person on whom biomedical research is being carried out.

 

2       The subjects should be volunteers ‑ either healthy persons or patients for whom the experimental design is not related to the patient's illness.

 

3       The investigator or the investigating team should discontinue the research if in his/her or their judgment it may, if continued, be harmful to the individual.

 

4       In research on man, the interest of science and society should never take precedence over considerations related to the well-being of the subject.

 


 

 

 

ANNEXE VII. Cotation des événements indésirables selon les critères NCI-CTCAE (Version 3.0)

 


 

ANNEXE VIII.

Cotation des événements indésirables de la radiothérapie selon les critères EORTC/RTOG


 

EORTC/RTOG LATE RADIATION MORBIDITY CRITERIA

 

Tissue

0

Grade 1

Grade 2

Grade 3

Grade 4

Skin

None

Slight atrophy

Patchy atrophy

Marked atrophy

Ulceration

Pigmentation change

Moderate telangiectasia

Gross telangiectasia

 

Some hair loss

Total hair loss

 

 

Sub-cutaneous tissue

None

Slight induration (fibrosis) and loss of subcutaneous fat

Moderate fibrosis but asymptomatic/ slight field contracture/less than 10% linear reduction

Severe induration and loss of subcutaneous tissue/field contracture > 10% linear measurement

Necrosis

Mucous membrane

None

Slight atrophy and dryness

Moderate atrophy and telangiectasia

/little mucous

Marked atrophy with complete dryness/ severe telangiectasia

Ulceration

Salivary glands

None

Slight dryness of the mouth/good response on stimulation

Moderate dryness of the mouth/poor response on stimulation

Complete dryness of the mouth/no response on stimulation

Fibrosis

Spinal cord

None

 

 

Objective neurological findings at or below cord level treated

None: some quadriplagia

Brain

None

Mild headache/slight lethargy

Moderate headache/ great lethargy

Severe headache

severe CNS dysfunction (partly loss or power or dyskinesia)

Seizures or paralysis/ coma

Eye

None

Asymptomatic cataract

Symptomatic cataract

Severe keratosis

Panopthalmitis

 

 

Minor corneal ulceration or keratosis

Moderate corneal ulceration/minor retinopathy or glaucoma

Severe retinopathy or detachment/severe glaucoma

Blindness

Larynx

None

Hoarseness/slight arytenoid edema

Moderate arytenoid edema/chondritis

Severe edema/severe chondritis

Necrosis

Lung

None

Asymptomatic or mild symptoms (dry cough)

Slight radiographic appearances

Moderate sympto-matic fibrosis or pneumonitis (severe cough) low grade fever/patchy radio-graphic appearances

Severe symptomatic fibrosis or pneumonitis/

Dense radiographic changes

Severe respiratory insufficiency/

continuous 02/assisted ventilation

Heart

None

Asymptomatic or mild symptoms/transient T wave inversion and ST changes/sinus tachycardia > 110 (at test)

Moderate angina on effort/mild pericarditis/

Normal heart size/ Persistent abnor-mality T wave and ST changes/ Low QRS

Severe angina/ Pericardial effusion/ Constrictive pericarditis/ Moderate heart failure/ Cardial enlargement

ECG abnormalities

Tamponade/

Severe heart failure

Severe constrictive pericarditis

Esophagus

None

Mild fibrosis/Slight difficulty in swallowing solids/No pain on swallowing

Unable to take solid food normally/ Swallowing semi-solid food/Dilatation may be indicated

Severe fibrosis/able to swallow only liquids/May have pain on swallowing / dilatation required

Necrosis/perfora-tion/ fistula

Small/large intestine

None

Mild diarrhea/mild cramping/Bowel movement 5 times daily

Slight rectal discharge or bleeding

Moderate diarrhea and colic/bowel movement > 5 times daily/

Excessive rectal mucus or intermittent bleeding

Obstructive or bleeding requiring surgery

Necrosis/perforation/ fistula


Annexe VIII (suite 2)

 

Tissue

0

Grade 1

Grade 2

Grade 3

Grade 4

Liver

None

Mild lassitude/ nausea dyspepsia/ slightly abnormal liver function

Moderate symptoms/ some abnormal liver function tests/ Serum albumin normal

Disabling hepatic insufficiency/ Liver function tests grossly abnormal/low albumin/edema or ascites

Necrosis/hepatic coma or encephalopathy

Kidney

None

Transient albuminuria

No hypertension/Mild impairment renal function/

Urea 25-35 mg%

Creatinine 1.5-2.0 mg%

Creat. clearance > 75%

Persistent moderate albuminuria (2+)/Mild hypertension/No related anemia/ Moderate impairment renal function/

Urea > 36-60 mg%

Creatinine 2.5-4.0 mg%

Creat. clearance

(50-74%)

Severe albuminuria/ Severe hypertension/ Persistent anemia (< 100%)

Severe renal failure/

Urea > 60 mg%

Creatinine > 4.0 mg%

Creat. clearance < 50%

Malignant hypertension/

Uremic coma/

Urea > 10%

Bladder